23/06/2014

Patrons: Des clubs pour briser leur solitude

Stress, gestion de crises ou encore burn-out, la santé des managers se fragilise. Pour sortir de l’isolement, des clubs privés et très discrets proposent aux dirigeants d’échanger sur leur vie professionnelle et privée... La solitude des patrons est une question encore taboue en Suisse.

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Patrons

Patrons

On parle plus ouvertement de la pression exercée sur les employés. Mais pour y faire face, des clubs de dirigeants s'organisent dans tout le pays. «Contrairement aux collaborateurs qui font partie d'une équipe, les patrons, de par leur position de leader, n'ont que peu d'opportunités de partager leurs difficultés», explique Andrea Zahno, psychologue spécialisée dans la santé du travail. Les dirigeants de PME multiplient les rôles au sein de leur entreprise: directeur opérationnel, chargé de relations clients, responsable des ressources humaines. Une surcharge de travail qui pèse sur leur morale. «J'ai accompagné des dirigeants se trouvant dans un état d'épuisement qui ne leur permettait plus d'avoir le recul nécessaire pour prendre les bonnes décisions», confie l'experte. La création de ces groupes de patrons est une solution bénéfique pour réduire le sentiment d'isolement. «La rencontre avec d'autres personnes qui partagent un quotidien similaire peut être libératrice.»

Pas de temps perdu pour les patrons

Le concept, importé d'Amérique du Nord, réunit des chefs d'entreprise d'une même région, confrontés à des problématiques comparables. «Je dois avouer que j'étais plutôt réticent lorsque l'on m'a proposé de rejoindre ce type de groupe. J'avais déjà peu de temps à disposition pour ma vie sociale», témoigne Alain Moser, directeur général de l'école privée du même nom et membre du club genevois «Le groupement», qui compte sept personnes. Cet homme d'affaires, à la tête d'une entreprise de 150 employés sur trois sites (Genève, Nyon, Berlin), est pourtant rapidement revenu sur ses positions. «J'avais tort. Nous échangeons entre propriétaires d'entreprise sur des expériences concrètes et communes. Finalement, je n'ai jamais perdu mon temps.» Il compare ces séances à des conseils d'administration étendus. La cotisation annuelle d'environ 400 francs par an est ainsi rentabilisée.

En général, les rendez-vous ont lieu une fois par mois durant tout un après-midi. Les discussions confidentielles – une condition sine qua non pour que les businessmen se sentent libres dans leur propos – tournent aussi bien autour de thématiques professionnelles que privées. Cela dépend de la politique du club. Par exemple, Barbara Müller-Kütt a fondé le «KMU Club Business Friends» à Zurich pour que les dirigeants tissent aussi de véritables liens amicaux. «Notre club va bien au-delà des discussions entrepreneuriales de base. Les dirigeants se regroupent pour nouer de nouveaux contacts précieux pour leur entreprise mais aussi pour développer leur cercle d'amis.»

Forums privés pour patrons

L'atmosphère est également très conviviale dans la section zurichoise du select «Young Presidents' Organization» (YPO). Plusieurs fois par année, les familles des membres sont conviées à des soirées pour se retrouver. «Avec les compagnons ou compagnes, on est parfois plus de 50 personnes autour d'une table dans une ambiance presque familiale. Nous parlons d'éducation, du rôle parfois compliqué de CEO et de père», livre Daniel Gutenberg, venture capitalist et ancien dirigeant de Gutenberg Communications Systems. En 15 ans, le club est passé de 12 à 60 membres. «Nous organisons aussi des forums plus privés, où nous pouvons discuter en toute discrétion.»

Dans le cas de YPO, les membres sont sélectionnés selon des critères plutôt stricts afin de les réunir selon un certain style de vie: il faut diriger au moins 50 employés, avoir moins de 45 ans et un chiffre d'affaires d'au moins CHF 8 millions. «Le club va bientôt me mettre à la porte, ajoute Daniel Gutenberg avec humour. Mais un club en cache un autre. J'irai très certainement rejoindre les seniors de la World President's Organization (WPO)».

Ces groupes offrent une réponse toute simple pour combattre la solitude des patrons. Reste une difficulté à surmonter: les CEO ont parfois du mal à dévoiler leurs failles, même au sein de ces organismes. «Le club idéal devrait assurer un cadre permettant un échange d'expériences et de sentiments en se basant sur un rapport de confiance. Mais est-ce vraiment possible dans la pratique?» s'interroge Andrea Zahno. Les vieilles habitudes sont tenaces.

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