03/08/2015

Entreprise familiale: Un passage de témoin difficile

Les jeunes sont de moins en moins nombreux à vouloir reprendre l'entreprise familiale. Avec des milliers de patrons de PME sur le point de... partir à la retraite, cette situation pourrait avoir des conséquences importantes sur l’économie suisse.

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Entreprise familiale

Entreprise familiale

«Je ne veux pas reprendre l'entreprise de mon père...»: une phrase de plus en plus courante dans la bouche des héritiers. Plusieurs études récentes de l'Université de Saint-Gall et du Credit Suisse montrent qu'en ce qui concerne les successions, la tendance de fond se dirige […] vers la transmission des PME à des tiers plutôt qu'à un membre de la famille. Alors que plus de 60% des entreprises étaient encore remises aux enfants du patron dans les années 1990, elles n'étaient plus que 40% dans ce cas [en 2009].

Les raisons de ce manque d'intérêt? Choisir la voie de diriger une entreprise ne représente pas forcément celle de la facilité. «Dans certains cas, des jeunes ont été dégoûtés de voir leurs parents se sacrifier au travail et se disent «Je ne voudrais jamais ça pour moi!»», relève dans le magazine Bilan Antoine Praz, codirecteur de Horizon Finance, une société de conseil en succession.

Mais la principale explication de cette tendance réside dans une évolution sociétale: «Autrefois, le sens du devoir primait et il était inconcevable que les fils ne reprennent pas le business paternel, poursuit Antoine Praz. Aujourd'hui, les jeunes générations écoutent davantage leurs aspirations et se dirigent dans les formations de leur choix. Elles n'acquièrent donc pas toujours les compétences nécessaires pour diriger une entreprise familiale. Puis, il y a des considérations d'ordre psychologique: les chefs d'entreprise ont souvent un caractère de leader et il peut être difficile pour un fils ou une fille de se développer professionnellement dans un tel contexte.»

Du côté des patrons, le fait que leurs enfants refusent de reprendre le flambeau peut parfois être mal vécut. «La question de la succession reste très émotionnelle, explique encore Antoine Praz. L'entrepreneur a souvent sué corps et âme pour monter son affaire, qui devient une part importante de son existence et de son statut social. Laisser sa place l'oblige à envisager en quelque sorte sa propre mort. S'il passe le témoin à ses propres enfants, cela peut lui donner un sentiment de pérennité.» Contraint à vendre ou à liquider une entreprise familiale dont la création remonte parfois à plusieurs générations, l'entrepreneur éprouve forcément de la nostalgie, des regrets et des difficultés à tourner la page.

Outre l'aspect psychologique, ces nouveaux types de comportements familiaux auront des conséquences importantes sur l'économie suisse, sachant que plus de 77'000 PME devront régler le problème de leur succession ces […] prochaines années et que cela représente près d'un million d'emplois. «Ce phénomène est dû au vieillissement de la population», explique Giovanni Giunta, secrétaire général de l'association «Relève PME», qui assiste les entreprises dans la démarche. «Sur ces dizaines de milliers d'entreprises, seules 60% seront transmises, les autres seront vendues ou liquidées. C'est une perte sèche pour l'économie en termes de productivité, d'emplois et de savoir-faire. Il est donc essentiel d'inciter les entrepreneurs à remettre leurs activités à des tiers.»

Lâcher l'entreprise familiale n'est pas facile

Lorsqu'une telle option est envisagée, Ueli Schürch, ancien CEO de Systems Assembling à Boudry (NE) et président de Relève PME, insiste sur la nécessité de s'y prendre plusieurs années à l'avance: «La difficulté majeure du processus de transmission consiste à trouver le successeur adéquat. La crainte de transmettre le fruit de son labeur à quelqu'un qui n'en prendrait pas soin est toujours présente. En plus des compétences, c'est pour beaucoup une question de feeling et de partage d'une vision commune. Dans mon cas, j'ai dû rencontrer une dizaine de candidats sur 4 ans, mais lorsque je suis tombé sur le bon, je l'ai su après cinq minutes.»

Pour l'entrepreneur, lâcher prise n'a toutefois pas été évident: «Il faut le faire petit à petit. Cela prend du temps de se mettre dans l'état d'esprit d'arrêter. Beaucoup d'entrepreneurs s'y prennent trop tard et attendent d'avoir des problèmes de santé pour trouver des solutions. Cela peut mener à la catastrophe.»

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