17/06/2014

Commerce ambulant: Lancer sa boutique dans une roulotte

La hausse des prix des loyers encourage certains entrepreneurs à ouvrir un commerce ambulant ou éphémère. Ce concept financièrement attractif séduit les clients.

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Commerce ambulant

Commerce ambulant

Malgré la pluie, la roulotte de The Hamburger Foundation est ouverte […]. Ses propriétaires, George Bowring, Yann Popper et Marc Gouzer, viennent de terminer le service de midi. Ils plient les bâches et ramassent les poubelles qui entourent leur stand mobile de burgers. Depuis août dernier, ces trois amis d'enfance sillonnent la ville pour proposer, en plein air, frites et sandwiches aux Genevois. «Nous voulions initialement ouvrir un restaurant, nous avions même trouvé une arcade, racontent-ils dans PME Magazine. Mais les démarches pour les changements d'affectation et autres autorisations administratives sont compliquées. Et bien sûr, le loyer représente une charge fixe importante pour une entreprise qui se lance...»

Ces jeunes entrepreneurs n'ont pas baissé les bras pour autant: ils ont opté pour un «food-truck», un commerce ambulant qui présente à leurs yeux de multiples avantages: «Nous ne sommes pas le restaurant du coin, toujours présent, où l'on peut se rendre n'importe quand. Nos clients guettent notre venue, ils nous disent que cela leur fait plaisir de nous voir. Une relation particulière se crée avec eux. Et surtout, en changeant de point de vente, nous touchons quotidiennement des publics différents.»

Les alternatives à la traditionnelle boutique «physique» sont toujours plus exploitées en Suisse: au lieu de louer une arcade sur le long terme, ces commerces s'installent sur des parkings privés, directement chez les clients ou louent temporairement des mètres carrés dans d'autres commerces. «Nous avons toujours plus de demandes», note Mathieu Jacquesson, cofondateur de The Square. Cette arcade genevoise de 40 m2 accueille depuis avril 2011 des marques souhaitant créer une boutique pendant quelques jours uniquement. Mathieu Jacquesson envisage même «d'ouvrir de nouveaux locaux pour répondre à toutes les candidatures.»

Cette tendance au commerce ambulant n'est pas due à un manque d'arcades disponibles: à Genève seulement, 11'040 m2 de surface commerciales étaient vacantes en 2012, soit 75% de plus qu'en 2011. «Tous ces locaux ne sont pas forcément bien situés», nuance Yves Menoud, secrétaire patronal de la Fédération des artisans, commerçants et entrepreneurs de Genève (FAC). «Si l'on ne propose pas un produit très pointu, pour lequel les clients se déplacent, il est important d'ouvrir un commerce dans une rue fréquentée.»

Et bien sûr, le prix des pas-de-porte et du loyer, à payer pendant les mois de travaux et les longues périodes d'attente des éventuelles autorisations, rebutent bien des entrepreneurs. «La location coûte de CHF 1000 à 2000 le m2 au centre-ville», poursuit Yves Menoud. «De plus, les propriétaires demandent une garantie de 3 mois à une année de loyer. Sans oublier l'éventuel pas-de-porte, l'aménagement du lieu et le stock... Lancer un commerce physique aujourd'hui nécessite des fonds initiaux considérables, d'autant plus que les banques aussi demandent toujours plus de garanties avant d'accorder un prêt.»

Communauté fidèle

Ces dernières années, des commerçants en herbe ont ainsi opté pour une boutique en ligne uniquement. Mais cette option devient toujours plus risquée: les sites suisses doivent faire face à la concurrence internationale, qui croît de jour en jour.

«Pour une jeune marque, il est par ailleurs extrêmement avantageux d'aller à la rencontre physique de ses clients, même pendant quelques jours», estime Mathieu Jacquesson de The Square. «Rassembler les futurs clients autour d'un univers et d'un concept aide à constituer une communauté fidèle autour de la marque.»

En organisant une vente à domicile ou au sein d'une autre boutique, ce type de commerce ambulant jouit d'un avantage supplémentaire: bien plus qu'une vente, leur ouverture s'assimile à un évènement. Claire Gautier et Fiona Dugerdil, fondatrice du pop-up store Rush, se souviennent du «buzz» qui s'est créé autour de leur première vente éphémère. «Nos bons plans ont vite circulé parmi les Genevoises, chacune voulait rapidement en profiter avant que cela ne s'arrête.»

Outre les frais de loyer, un commerce ambulant permet également d'épargner sur l'investissement que requiert l'aménagement d'une boutique. «Nous avons uniquement investi dans des rails pour suspendre nos vêtements», précisent les fondatrices de Rush. «Nous les réutiliserons pour nos prochaines ventes.» Ces économies faites par le commerçant se répercutent ainsi sur le prix de la marchandise, rendant ainsi les commerces nomades particulièrement attractifs pour les consommateurs.