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Préparation du discours: Les cinq étapes

Le terme de rhétorique nous vient du grec ancien et désigne la faculté théorique et la capacité pratique au discours – également appelées «ars rhetorica» et «ars oratoria/eloquentia» par les romains. L’objectif de l’éloquence était d’influencer l’auditeur dans le sens de l’orateur.

12/04/2021 De: Margarete Maria Kuhn-Porwoll
Préparation du discours

«Parler s’apprend en parlant.» (Marcus Tullius Cicero)

Les principaux maîtres de rhétorique qu’étaient Aristote, Cicéron ou encore Quintilien ont élaboré de vastes recueils rhéto-riques concernant cet art. Dans ces ouvrages, ils répondent aux questions fondamentales concernant la personnalité de l’orateur ainsi que les étapes de la reproduction et ils y décrivent les différents styles oratoires ainsi que de nombreuses figures de style qui visent à illustrer, expliquer ou broder les affirmations. L’immense collection de documents historiques représente aujourd’hui encore une aide précieuse pour tout orateur ambitieux.

    Orateur

    La rhétorique antique était axée sur la préparation du discours. De l’avis des maîtres antiques, le bon orateur était à cette époque un «vir bonus dicendi peritus», un homme d’honneur éprouvé au discours et à la moralité sans tache. Dans l’idéal, il alliait également les connaissances, les compétences et la vertu de manière sage et diserte, éloquente et assurée. Pour cela, l’orateur avait besoin dans un premier temps d’une vaste éducation dans les sciences de l’époque. Son efficacité était également inséparablement liée à son intégrité personnelle: seul celui qui était personnellement convaincu pouvait parler de manière persuasive et non celui qui ne faisait que prétendre.

    Objectifs du discours et formes du discours

    Selon l’occasion, on distinguait dans la rhétorique antique trois genres discursifs:

    1. Discours judiciaire (genus iudiciale): pour sa propre défense et pour influencer le juge
    2. Discours délibératif ou politique (genus deliberativum): pour l’examen d’un problème politique suivant différents points de vue, notamment pour gagner des électeurs et influencer les masses (en réalité «discours de valorisation»)
    3. Discours de louanges, de critique ou démonstratif (genus demonstrativum): pour une occasion festive

      On s’adressait à l’auditeur en fonction du genre, l’orateur doit

      1. l’instruire et l’éduquer = docere ou
      2. l’émouvoir, l’engager, l’influencer = movere ou
      3. le réjouir, le divertir, l’intéresser = delectare (parfois également conciliare = (réconcilier, obtenir, entraîner).

      Même si l’un de ces styles de discours dominait, aucun n’était exclusivement employé, mais les trois étaient toujours mélangés dans différentes proportions. Chaque discours était lié à une décision et une action. Même le troisième genre visait à ce que l’auditeur change ou confirme une opinion ou une attitude.

        Préparation du discours

        Les cinq étapes de production de la rhétorique antique offrent une orientation pertinente et particulièrement élaborée pour la préparation d’un discours. Chacune de ces étapes a sa légitimité et requiert que l’on y consacre un certain temps à ne pas sousestimer:

        1. Invention ou recueil d’idées/de matière: trouver et inventer les sujets et arguments de l’objet du discours (v. aussi «Contenu et structure efficaces»)
        2. Disposition ou organisation: l’agencement conscient et volontaire des différentes parties du discours (v. aussi «Contenu et structure efficaces» et «Argumentation efficace»)
        3. Élocution ou planification linguistique: l’ornement des pensées avec des mots en fonction du contenu et de l’objectif du discours (v. aussi «Discours orienté sur les auditeurs»)
        4. Mémoire ou mémorisation: la maîtrise du discours par la mémoire. Dans l’Antiquité, les notes étaient considérées comme profanes et étaient parfois même interdites. Comme il n’existait pas réellement d’autres moyens, l’orateur s’entraînait également à la mnémotechnique afin d’apprendre par cœur. La technique des cinq doigts était une aide efficace pour la mémorisation (v. aussi «La structuration des arguments avec la formule par cinq»).
        5. Prononciation/action ou répétition du discours: aujourd’hui encore, il est toujours recommandé et utile de s’entraîner en se chronométrant afin d’avoir une prononciation claire, un volume suffisamment fort, une intonation correcte, des pauses efficaces et une gestuelle, mimique et posture appropriées.
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