Perfectionnement professionnel: Planifier un congé de formation
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EN BREF
En Suisse, aucun droit légal n'exige qu'un employeur accorde un congé de formation, mais une planification écrite est indispensable pour éviter les litiges. La répartition des coûts et du temps de travail dépend de l'initiative de la formation (collaborateur ou employeur) et de son utilité pour l'entreprise.
À retenir:
- La formation sur initiative du collaborateur nécessite le consentement de l'employeur si elle empiète sur le temps de travail.
- Les frais et la perte de salaire doivent être régis par une convention écrite, surtout si l'employeur participe au financement.
- Les clauses de remboursement en cas de départ anticipé sont valables, à condition de respecter le pro rata temporis.
- Si la formation est imposée par l'employeur, tous les coûts et le temps sont à sa charge selon le Code des obligations.

Aides de travail appropriées
Comment planifier et régir légalement un congé de formation en Suisse ?
En cas de congé formation, non seulement la durée du travail est doit être prise en charge, mais cela génère aussi des frais et des coûts considérables. Il faut régir par écrit qui doit les prendre en charge, encore que quelques principes sont à prendre en considération.
Formation continue à la demande de l’employé
Si le collaborateur suit un perfectionnement professionnel de sa propre initiative au cours de ses loisirs, il est libre de le faire. Par contre, si la formation a lieu entièrement ou partiellement pendant le temps de travail, il faut obtenir le consentement de l’employeur. Il faut alors régler si le temps de travail perdu doit être récupéré, que ce soit d’avance ou compensé par la suite et qui doit prendre en charge la perte de salaire.
Si le collaborateur doit participer aussi aux frais du perfectionnement professionnel, il faut régler en plus si l’employeur y participe entièrement ou partiellement. Il est donc recommandé de signer une convention correspondante. Si la formation a une utilité pour l’employeur, il entendra généralement bénéficier de la formation pendant un certain temps une fois le cours terminé.
Dans ce genre de cas, il est recommandé de convenir dans l’accord de formation d’un régime de remboursement pour le paiement du salaire pendant les absences, les frais du cours et les éventuels frais. Il en va de même pour la question de savoir qui dispose de la propriété des documents de cours et comment ceux-ci doivent être utilisés ultérieurement. Dans la mesure où le perfectionnement professionnel est utile surtout pour l’employé – même si c’est aussi le cas de l’employeur – et si le collaborateur a réussi le diplôme qu’il pourrait utiliser ailleurs, de telles conventions de remboursement sont parfaitement autorisées.
En règle générale, l’employé sera obligé, avec une telle convention, de rester chez l’employeur un à deux ans après la fin de sa formation. En cas de départ anticipé, les frais devront alors être remboursés au pro rata temporis. De telles conventions ne contreviennent pas à la parité de licenciement. Mais il faut aussi régler de quelle manière les coûts seront répartis lorsque la formation sera interrompue sous forme prématurée ou si l’examen final venait à être échoué.
Sans régime clairement démontrable, l’employeur aura certainement de la peine à obtenir le remboursement de ses dépenses. Même s’il existe un régime valable, les tribunaux contrôlent le motif de résiliation anticipée en cas de litige. En général, les dispositions sont utilisées sous forme analogue à la clause de non-concurrence: si l’employeur résilie sans que le collaborateur lui ait donné une raison fondée, l’obligation de remboursement tombe en totalité ou en partie. Il en va de même lorsque le collaborateur résilie pour une raison imputable à l’employeur.
Checklist pratique
- Déterminer clairement l'initiateur de la formation (employé ou employeur).
- Préciser si la formation a lieu pendant ou en dehors du temps de travail.
- Établir les modalités de compensation du temps de travail perdu (récupération ou compensation ultérieure).
- Définir la répartition des frais de cours, de déplacement et de matériel.
- Stipuler la propriété et l'utilisation future des documents de formation.
- Fixer la durée de rétention de l'employé après la formation (généralement 1 à 2 ans).
- Décrire le mécanisme de remboursement en cas de départ anticipé ou d'échec à l'examen.
- Préciser les conditions d'exonération du remboursement en cas de licenciement par l'employeur.
Formation continue à la demande de l’employeur
L’initiation dans l’entreprise à une nouvelle activité se fait pendant la durée normale du travail. Il en va de même pour des cours déterminés (internes ou externes) ou des examens, brevets, autorisations, etc. Même lorsqu’un perfectionnement professionnel est enjoint par l’employeur et que celui-ci lui sert directement alors qu’il n’a pas d’autre utilité pour l’employé dans d’autres circonstances, on est en présence d’un perfectionnement professionnel d’entreprise. Le temps requis à cet effet est du temps de travail et les coûts, de même que les frais, doivent être pris en charge par l’employeur (voir l’art. 327a CO (frais) ainsi que l’art. 13 LT1).
Lorsque l’utilité de ce perfectionnement professionnel perdure chez les deux parties, la convention de perfectionnement professionnel susmentionnée peut être appliquée dans le même sens, encore qu’il faille alors tenir compte sous forme appropriée des intérêts des deux parties.
FAQ: Perfectionnement professionnel
L'employeur est-il obligé de payer la formation demandée par le collaborateur ?
Non, il n'y a pas d'obligation légale. Cependant, si l'employeur participe aux frais ou autorise la formation pendant le temps de travail, il est recommandé de signer une convention précisant les conditions de remboursement.
Qui supporte les coûts si la formation est imposée par l'employeur ?
L'employeur doit supporter l'intégralité des coûts et des frais, car il s'agit de temps de travail. Cela inclut les cours internes ou externes nécessaires à l'activité professionnelle.
Un employé peut-il être tenu de rembourser la formation s'il démissionne ?
Oui, si une convention écrite le prévoit. Le montant remboursé est généralement calculé au pro rata temporis en fonction du temps restant de la période d'engagement post-formation.
Que se passe-t-il si l'employé échoue à l'examen final ?
L'accord de formation doit spécifier comment les coûts sont répartis en cas d'échec. Sans clause claire, l'employeur risque de ne pas pouvoir réclamer le remboursement des frais engagés.