Prendre une décision: Comment la psychologie intervient dans les décisions
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EN BREF
La prise de décision repose sur un équilibre complexe entre liberté de choix et responsabilité, où chaque alternative implique des coûts d'opportunité. Si la peur de l'erreur et la recherche de sécurité conduisent souvent au statu quo, les décisions motivées par une vision positive (« en direction de ») s'avèrent plus puissantes que celles dictées par l'évitement (« loin de »). Le stress, en bloquant le cortex cérébral, rend la réflexion rationnelle difficile, ce qui justifie l'utilisation de check-lists et de protocoles pour sécuriser les choix critiques.
À retenir:
- La liberté de choisir et la responsabilité sont indissociables dans tout processus décisionnel.
- Les décisions « en direction de » un objectif sont plus efficaces que celles basées sur la fuite d'un problème.
- Le stress bloque la réflexion rationnelle ; l'utilisation de check-lists est cruciale en situation de crise.
- Une culture d'erreur constructive permet d'apprendre sans paralyser l'action.
- Les coûts d'opportunité représentent le bénéfice perdu en ne choisissant pas l'alternative concurrente.

Aides de travail appropriées
Comment la psychologie influence-t-elle la prise de décision en entreprise ?
Décider, c’est aussi trancher, car une décision constitue toujours en un choix entre plusieurs alternatives. Le mot «décider» contient aussi le mot «scinder». En économie, on calcule alors ce que l’on appelle les coûts d’opportunité. Ce sont les coûts d’un bénéfice perdu si on se décide en faveur de l’alternative A par opposition à l’alternative B. Mais il est parfois impossible de calculer sous forme spécifique ces coûts pour de nombreuses décisions, notamment lorsqu’il s’agit de «choix de vie».
Erreurs et culture de l’erreur
Un facteur important dans la prise de décisions est constitué par les erreurs. Lorsque l’on travaille et que l’on décide, on fait des erreurs – ce qui est décisif, c’est comment on se comporte ensuite. Répondez donc à la question suivante?
- Quelle est la culture d’erreur qui existe chez vous, dans l’entreprise, dans la famille?
– Exemple positif: «tout le monde peut faire des erreurs – mais une seule fois la même»
– Exemple négatif: «on coupe la tête à celui qui a fait l’erreur et à celui qui porte le message» - Qu’est-ce que vous feriez – par exemple laisser aller – si vous n’aviez pas peur de faire des erreurs ou du rejet?
Motifs pour lesquels aucune décision n’est prise
- Peur: risque contre sécurité. Beaucoup de personnes ont peur du changement, elles oublient que la vie dans son ensemble est faite de changements
- Les gens souhaitent rester toute leur vie dans le même statu quo (métier, partenaire, domicile, etc.). Le tout selon le slogan: «Mieux vaut être malheureux dans ce que l’on connaît que d’être heureux dans ce qu’on ignore»
- Les gens pensent qu’ils vont pouvoir décider «plus tard» – quel que soit le sens donné au concept de «plus tard». Mais cela prend beaucoup d’énergie, car la décision encore à prendre reste à l’esprit et cela mine leur confiance en soi
- «Dormir dessus» ne sert à rien – car nous ne réfléchissons pas pendant le sommeil
- Les individus ont peur de prendre une «mauvaise» décision. Mauvais reste toutefois relatif, car l’individu décide au moment présent selon ses connaissances et son expérience sur le moment. Nous ne saurons jamais ce qui serait advenu autrement
- Les gens pensent qu’ils peuvent prendre leurs décisions facilement et sans douleur – mais cela n’est généralement pas le cas
- Plus la décision rejetée est appréciée, plus l’alternative qui a été choisie est évaluée – et cela donne de la confirmation
Possibilités de décision: loin de – en direction de
- Les décisions «loin de» sont celles dans lesquelles on se sent mal et où l’on ne veut tout simplement plus vivre ce problème. Un chef, le travail, un partenaire, un logement qui ne sont plus supportables, etc. C’est en ordre et cela peut arriver. Ici, le risque d’action irréfléchie est grand, car on fuit quelque chose. Donc: ne pas «tirer simplement à vue» sans réfléchir!
- Les décisions «en direction de» sont plus puissantes. Il s’agit ici d’agir sur la base de ses propres objectifs, de sa vision de la vie, de ses rêves – et c’est évidemment plus réjouissant
Décider en situation de stress
Le stress est partout – même si le stress est largement auto-constitué. Mais, c’est justement dans ces moments-là que la plupart des gens ont des difficultés à prendre des décisions, car le stress est justement une mauvaise base afin de prendre de bonnes décisions. Le stress bloque la réflexion.
Le chercheur en neurosciences Gerhard Roth dit à ce propos: «Dans les situations de danger, le cerveau produit de la noradrénaline et cette substance nous permet de réagir immédiatement, même si elle bloque de larges régions de notre cortex cérébral. Les décisions rationnelles sont pratiquement impossibles dans ce genre de situation».
Nous fuyons ou nous restons ébahi et quiconque réagit ainsi fait généralement ce qu’il ne faut pas faire. Il est donc important, en situation de stress, de prendre des précautions, par exemple de suivre des check-lists. Ce n’est pas pour tien que les pilotes et les astronautes travaillent avec des check-lists. Dans ces métiers, il existe des check-lists pour chaque situation dangereuse et de stress!
Intéressant
- Nous décidons plus facilement lorsque nous sommes debout
- Nous décidons de manière plus intelligente lorsque nous avons bien dormi
- L’irritation rend les décisions plus rationnelles
- Les gens de mauvaise humeur voient plus clairement les choses
Checklist pratique
- Évaluer la culture d'erreur de l'entreprise : l'erreur est-elle vécue comme une opportunité d'apprentissage ?
- Identifier si la motivation provient d'une envie de fuir une situation ou de construire une vision.
- Vérifier le niveau de stress actuel : est-il trop élevé pour prendre une décision rationnelle ?
- Calculer les coûts d'opportunité : quel est le bénéfice potentiel de l'alternative abandonnée ?
- S'assurer de ne pas reporter indéfiniment la décision sous prétexte de « dormir dessus ».
- Considérer l'état physique : être debout et bien reposé améliore la qualité du jugement.
- Accepter que la décision soit relative au moment présent et aux connaissances actuelles.
- Mettre en place une check-list spécifique si la situation comporte des risques élevés.
FAQ: Prendre une décision
Pourquoi le stress est-il un mauvais vecteur pour prendre des décisions ?
Le stress provoque une production de noradrénaline qui permet des réactions immédiates mais bloque les régions du cortex cérébral responsables de la réflexion rationnelle, rendant les décisions complexes pratiquement impossibles.
Quelle est la différence entre une décision « loin de » et une décision « en direction de » ?
Une décision « loin de » est motivée par l'évitement d'une situation insupportable et comporte un risque d'impulsivité, tandis qu'une décision « en direction de » s'appuie sur des objectifs personnels et une vision d'avenir, ce qui la rend plus puissante et épanouissante.
Comment gérer la peur de faire une mauvaise décision ?
Il faut comprendre qu'une décision est toujours relative au moment présent et aux connaissances disponibles ; l'erreur fait partie du processus et une culture d'entreprise qui accepte l'erreur favorise la prise de risque calculée.
Quels facteurs physiques influencent la qualité d'une décision ?
Les recherches indiquent que les décisions sont prises plus facilement debout, de manière plus intelligente après une bonne nuit de sommeil, et que l'irritation ou une mauvaise humeur peuvent paradoxalement rendre le jugement plus rationnel et clair.