22/05/2015

Tableau de financement: Un coup d’œil essentiel sur les futurs flux de trésorerie

Le terme de liquidité désigne la disposition d’une entreprise à satisfaire ses échéances de paiement. Il décrit la capacité de celle-ci d’acquitter à tout moment ses factures en suspens. La liquidité correspond donc à un objectif minimal qui, même s’il n’est pas explicite, s’avère crucial pour la survie de l’entreprise. Pour la supervision et la gestion de la liquidité, ou respectivement de la disposition d’une entreprise à satisfaire ses échéances, un tableau de financement se révèle être d’une grande utilité. En effet, celui-ci offre un coup d’œil essentiel sur les futurs flux de trésorerie (encaissements et décaissements). Sur cette base, on pourra alors identifier et réfléchir à des mesures adéquates pour combler un déficit ou, au contraire, à faire bon usage d’un excédent de capital.

De: Thomas Rautenstrauch   Imprimer Partager   Commenter  

Prof. Dr. Thomas Rautenstrauch

Thomas Rautenstrauch est professeur pour la formation en économie d’entreprise et plus particulièrement en accounting et controlling. Il est d’ailleurs directeur du Center for Accounting & Controlling de la Haute école d’économie de Zürich. De plus, il enseigne, en qualité de professeur invité, le management accounting en Executive MBA au sein de l’Institute for Management in Technology (iimt) de l’Université de Fribourg. Thomas Rautenstrauch est l’auteur de plusieurs ouvrages spécialisés et de nombreux articles pour des revues et pour la presse économique.

Aucun commentaire n'a été écrit sur cet article. Nous nous réjouissons si vous êtes le premier à le faire.
 
Ecrire un commentaire

Veuillez saisir une valeur !

Veuillez saisir une valeur !

Veuillez saisir une valeur ! Veuillez svp saisir une adresse électronique (e-mail) valide.

Veuillez saisir une valeur !

Veuillez saisir une valeur !

Veuillez saisir une valeur !

Veuillez remplir tous les champs obligatoires apparaissant en gras.
Réinitialiser
 
Tableau de financement

Tableau de financement

La gestion des liquidités ou cash-management appartient au domaine de la gestion financière. La levée de fonds a une fonction préventive dans le domaine de la gestion financière. La garantie de la liquidité permet à une entreprise d’être apte à régler ses dettes à tout instant et est considérée, avec la levée de fonds, comme une démarche essentielle.

Un tableau de financement a pour but d’éviter l’apparition d’importants déficits ou de grands excédents de capital. Même si une levée de fonds est nécessaire, remarquer à temps des déficits grâce à un tableau de financement permet d’éviter l’expansion des coûts y relatifs. De plus, un tableau de financement offre la possibilité d’anticiper les excédents de liquidités et d’effectuer des placements relativement avantageux. Exploiter de manière optimale les délais de paiement ainsi que la surveillance des variations de taux de change sont des aspects importants qu’il est également possible d’optimiser grâce à un tableau de financement à court terme.

En outre, pour les konzerns ou groupes d’entreprises, un tableau de financement à court terme assume la tâche essentielle de coordonner la politique en matière de liquidités entre toutes les sociétés liées.

Un tableau complet des flux de trésorerie est nécessaire afin de garantir la liquidité. Les entreprises, malgré des capitaux propres stables, peuvent rencontrer des manques de liquidités. Ainsi, il est primordial pour une entreprise d’anticiper ses flux d’argent et d’agir en connaissance de cause. Des investissements à long terme, par exemple, peuvent, conduire à ce que des paiements à court terme ne puissent plus être amortis amortissables en raison d’un manque de liquidités. En revanche, les fonds non requis sont placés afin de générer le plus de bénéfices possibles pour l’entreprise. Il faut alors doser avec justesse : rentabilité, sécurité et liquidité. Le placement et la gestion des flux d’argent sont dans la pratique regroupés sous le terme de cash management.

Cash management

La fonction principale du cash management est de garantir, à l’échelle du konzern, la capacité d’assumer à tout instant les dépenses. Des réserves de liquidités sont soigneusement créées afin d’éviter de futures carences. Le cash management vise à réduire les risques de crise de liquidité grâce à une gestion adéquate de celle-ci. Puisque stocker de l’argent (sous forme de réserve) rime avec coûts, il est important de bien s’y prendre. Le cash management s’efforce à réduire au maximum cette réserve afin d’en minimiser les coûts.

Le but du cash management est d’assurer la liquidité des entreprises grâce à une gestion des flux d’argent à court et long termes et de minimiser les risques qui lui sont liés. Pour ce faire, la mission du cash management à court terme est de gérer tous les comptes, y compris ceux en monnaies étrangères. Ceci vise d’une part à mettre à disposition des liquidités là où le besoin existe, et d’autre part à rassembler les réserves d’argent non utilisées dans le but d’investir.

Le cash management à long terme est souvent lui aussi assimilé à un plan financier. Celui-ci a avant tout pour but de garantir que l’entreprise soit solvable à tout instant. Il gère les futurs encaissements et décaissements. Il vise aussi à anticiper et couvrir à temps les éventuelles crises financières. Un cash management professionnel comprend – tout comme n’importe quel processus de gestion de risque – les mesures nécessaires à l’identification, la gestion et le contrôle des risques de liquidité à l’échelle des entreprises ou du konzern.

Evaluation du statut financier

Le statut financier consiste en une évaluation quotidienne des fonds et de toutes les lignes de crédit disponibles ainsi qu’une estimation des encaissements et décaissements du jour. Les soldes bancaires et lignes d’écritures comptables indiquant chaque encaissement et décaissement constituent la base de cette démarche. Evaluer les dépenses ne pose généralement pas de problème car celles-ci sont commandées par l’entreprise. En revanche, il est bien plus compliqué d’estimer les encaissements car ils sont difficilement calculables. Pour se faciliter la tâche, les entreprises tendent à utiliser des crédits et prélèvements automatiques, dans la mesure où ceci est possible du point de vue du client. Pour cette raison, les pratiques de paiement antérieures du client en matière de règlements en espèce et virement bancaires sont analysées. En cas de haute instabilité des pratiques financières, des coussins de liquidités (réserves) doivent être mis en place ou directement pris en compte dans le statut financier.

Le statut financier devrait être réévalué au moins une fois par jour avec consultation des soldes bancaires et lignes d’écritures. Au niveau du konzern, la consultation quotidienne des soldes bancaires peut cependant, dans le cadre d’une entreprise multinationale, relever d’un réel défi en raison des différentes coordonnées et raccordements bancaires. A l’échelle du groupe et dans le cadre de sa politique bancaire, il faut alors établir les conditions techniques et organisationnelles préalables à la mise en place d’un statut financier. Ces démarches sont déjà proposées par quelques systèmes de trésorerie. En résumé, un statut financier professionnel doit pouvoir en tout temps renseigner au sujet de l’état de la liquidité aussi bien les filiales de holdings que les groupes d’entreprises indépendantes.

Afin de mesurer les risques révélés par le plan de trésorerie, il est nécessaire d’ajouter des informations supplémentaires au statut financier. De ces informations pourront être déduits des risques alloués à des analyses de scénarios.

Parmi ces informations, il s’agit principalement de données supplémentaires relatives aux différentes banques avec lesquelles le konzern traite. Les informations les plus importantes sont :

  • Lignes de crédit: volumes/non confirmées ou confirmées/période
  • Covenants
  • Données supplémentaires relatives aux taux d’intérêt
  • Rating des banques 

On distingue deux types de lignes de crédit : les non confirmées et les confirmées. Les lignes de crédit non confirmées regroupent les lignes engagées oralement ou accordées jusqu’à nouvel ordre. Contrairement aux lignes confirmées, ces crédits peuvent être abandonnés en cas de dégradation conséquente de la situation financière. De ce fait, il est important que les lignes de crédits soient déclarées comme non confirmées ou confirmées dans le statut financier. 

Mais les lignes de crédit confirmées, lignes fermement engagées, peuvent aussi comprendre des clauses permettant à la banque ou au prêteur d’annuler le contrat de crédit. Ces clauses définies dans le contrat peuvent entre autres permettre au prêteur de résilier le crédit en cas de forte dégradation de la situation économique (ceci est aussi appelé material adverse change). Les covenants offrent une possibilité supplémentaire de résiliation du contrat. Ils sont une clause particulière limitant la liberté d’action de l’emprunteur pendant le temps du crédit (Boemle, Max/Stolz, Carsten).

Les covenants financiers (clause insérée dans un contrat de prêt) sont un type très répandu de covenants. Ils servent à contrôler la structure de la fortune et des capitaux ainsi que la progression de ceux-ci. Pour les banques, ils indiquent lorsque la solvabilité est en train de se dégrader. Il s’agit ici d’atteindre ou respecter certains ratios financiers, de limiter ou même renoncer à la distribution des bénéfices, ainsi que de fixer éventuellement un plafond pour les salaires. Si les ratios financiers ne sont par exemple pas obtenus dans le cadre défini par le prêteur, l’emprunteur viole alors les covenants et le prêteur a le droit de réclamer immédiatement les créances ouvertes sans tenir compte de la période convenue.

En plus des précisions concernant les lignes de crédit et leurs clauses, il est aussi important d’être au courant du type de taux d’intérêt et de ses conditions. Il existe deux types de conditions d’intérêts : un taux d’intérêt fixe pendant la durée du prêt ou un taux d’intérêt variable et périodique, adapté aux conditions actuelles du marché. Les entreprises tentent donc d’obtenir un taux d’intérêt fixe pour leurs crédits car le paiement des intérêts peut ainsi être planifié d’avance. Dans les grandes banques, les taux d’intérêts variables et fixes sont définis de manière à ce que chaque crédit à taux fixe, chaque prêt à des fins commerciales, doit être remboursé à taux fixe à une date donnée ou à la résiliation du contrat. En revanche, un taux d’intérêt variable signifie un taux modulable durant la période d’un crédit ou d’un emprunt. Il est crucial d’adapter périodiquement les crédits et emprunts internationaux au taux d’intérêt du marché londonien de l’argent en euro.

Une autre information importante est celle de la composition du taux d’intérêt. Le taux de refinancement de la banque est utilisé comme taux de base pour les dispositions du taux d’intérêt, conformément au marché et aux risques. C’est sur le taux de base de la banque que sont calculés le supplément pour les frais d’exploitation ainsi que la marge bénéficiaire. La banque doit ensuite ajouter deux majorations supplémentaires correspondant aux risques.

Exigences pour une planification effective de la liquidité

En partant du statut financier, il s’agit ensuite, dans une planification de la liquidité, de calculer les futurs encaissements et décaissements. Le konzern doit décider s’il désire une planification financière de bas en haut ou de haut en bas (bottom-up/top-down). La planification se fait ensuite le plus souvent mensuellement, circulant au sein même des filiales, avec des objectifs et un horizon constant de douze mois.

Les principes à respecter dans le choix d’un financement sont (Helbling, Carl.):

  • rentabilité optimale
  • liquidités suffisantes
  • adaptation au risque
  • perception des investissements
  • orientation vers l’avenir
  • préservation de l’indépendance
  • fiabilité de la publicité
  • maintien de la capacité (en période d’inflation, par exemple)

En comparaison avec un plan financier à long terme, ce sont les encaissements et décaissements futurs qui sont déterminants pour une planification de la liquidité, et non les flux d’argent indirects accompagnés des bilans prévisionnels. Les recettes et dépenses doivent être classées en deux catégories : les montants certains et les montants incertains. Ces derniers seront inscrits dans le plan avec leur montant escompté déterminé par des analyses de scénario ou des modélisations stochastiques. Par ailleurs, il est essentiel d’inscrire les flux de liquidités dans leur monnaie originale.

Une planification de la liquidité regroupant différentes monnaies se fait idéalement avec un système de gestion de trésorerie de bas en haut en tant que planification directe. Les créances et engagements comptabilisés constituent la base du court terme, tandis que les bilans prévisionnels et comptes de résultats forment celle du long terme.

Un des rôles centraux de la planification est, pour l’entreprise, le développement d’une stratégie visant à dégager un rendement sur le capital investi adapté aux risques dans le but de se maintenir à long terme sur le marché. Les flux d’argent issus de la mise en place de cette stratégie échappent à la planification économique du résultat. Par conséquent, il est nécessaire d’établir un calcul supplémentaire pour la planification et la gestion de la liquidité. Il en découle les tâches suivantes :

Garantie situationnelle des liquidités: protection de la solvabilité en coordonnant encaissements et décaissements avec le placement et l’approvisionnement à court terme de fonds liquides.
Garantie structurelle des liquidités: coordination à moyen et long terme du besoin et de l’allocation de capitaux.
Evaluation des réserves de liquidités : réserve de liquidités dont l’ampleur se définit en fonction des coûts d’opportunité et du degré d’incertitude. 

Les plans financiers sont ainsi considérés comme un instrument essentiel de la planification des liquidités. Ils représentent la situation financière future d’une entreprise en tenant compte de la valeur estimée du cash-flow. Le budget de trésorerie, regroupant encaissements et décaissements, est un instrument important dans la planification de la liquidité à court terme.

Recommandations produits

  • Le nouveau droit comptable suisse

    Le nouveau droit comptable suisse

    Découvrez les nouveautés pour les PME et ce qui ne change pas.

    CHF 78.00

  • Contrats pour responsables de PME

    Contrats pour responsables de PME

    Disposez d’un tableau de bord pour la conclusion de contrats professionnels

    Plus d'infos

  • Modèles de contrats pour dirigeants de PME

    Modèles de contrats pour dirigeants de PME

    Optimisez votre temps avec nos modèles de contrats pour dirigeants de PME.

    Plus d'infos

Recommandation séminaire

Séminaire, 1 jour, Hôtel Alpha-Palmiers, Lausanne

Analyse du bilan, du compte de résultat et tableau de financement

Examinez vos états financiers en profondeur afin de prendre les bonnes décisions!

Prochaine date: 16. mars 2017

plus d'infos