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Problèmes psychiques au travail: Terra incognita

Les problèmes psychiques au travail ne sont pas seulement fréquents, ils engendrent des travaux individuels et d’exploitation lourds. Les responsables du personnel sont souvent dépassés et ils n’obtiennent que rarement une aide utile. Que faut-il prendre en compte lors de la prise en charge des personnes concernées?

31/01/2022 De: Niklas Baer
Problèmes psychiques au travail

Les problèmes psychiques au poste de travail

Les responsables du personnel estiment que 30% de leurs collaborateurs ont déjà souffert de problèmes psychiques qui ont limité leur performance ou leur comportement au travail. C’est ce que révèle une étude pilote réalisée en 2010 dans les cantons de Bâle-Ville et de Bâle-Campagne sur la prise en compte et le traitement de situations problématiques pour des raisons psychiques par le supérieur hiérarchique et le responsable du personnel. Dans les entreprises de moins de 10 collaborateurs, les responsables RH estiment – en général, il s’agit du directeur – que la fréquence des problèmes au travail d’origine psychique atteint 50% contre seulement 15% dans les entreprises de plus de 500 personnes.

Les problèmes de travail d’origine psychique dans les petites entreprises sont devenus un phénomène de masse, ce qui tient au fait que tout le monde se connaît. Par contre, dans les grandes entreprises, la fréquence est sous-estimée par les responsables des RH. La recherche psychiatrique renforce cette appréciation: 40 à 50% de la population auraient souffert, au moins une fois dans sa vie («prévalence de la durée de vie») d’une perturbation psychique. Si l’on considère l’intervalle de temps des 12 derniers mois («prévalence d’une année»), près de 25% des gens sont concernés. Le fait que la prévalence de la durée de vie soit seulement deux fois supérieure à celle d’une année indique que ce sont les mêmes personnes qui retombent malades ou qui souffrent d’une manière chronique.

Les frais consécutifs prennent l’ascenseur

La fréquence et le caractère chronique expliquent en partie les raisons pour lesquelles les conséquences d’exploitation et économiques des maladies psychiques sont aussi graves: seules les dépressions provoquent chaque année en Suisse des frais consécutifs à hauteur de près de 11 milliards de francs. Deux-tiers de ces frais consécutifs sont provoqués par des maladies liées au travail: par de l’invalidité, des absences et surtout par une baisse de la productivité.

Les problèmes au travail d’origine psychique ont augmenté de manière très significative au cours des 20 dernières années dans la plupart des pays industriels, de même que le stress psychique subjectif au travail. Il est donc considéré comme évident, en général, que la charge psychique de la population a globalement augmenté. Dans les faits, les maladies psychiques n’ont pas réellement augmenté selon la recherche psychiatrique, en tout cas, pas depuis la Seconde guerre mondiale. Au contraire, il semble que notre prise en considération et notre appréciation des problèmes psychiques – respectivement du stress – ont changé.

Cette évolution n’est pas négative en tant que telle. Au cours des dernières décennies, la conscience des problématiques psychiques a été favorisée volontairement. L’offre de traitements psychiatriques a été fortement élargie et, dans le monde du travail, de nombreux services spécialisés tels que la gestion de la santé ou le Case Management ont été déployés. En outre, ce n’est plus seulement la performance qui est évaluée de nos jours, mais aussi le comportement.

Utilisation inefficace des ressources

Cette professionnalisation n'a toutefois pas suivi le rythme de la sensibilisation croissante doublée d’une tolérance de moins en moins grande à l'égard des problèmes psychiques au travail. Le rapport de l'OCDE «Mental Health and Work : Switzerland», publié début 2014, ne donne pas une bonne note à la Suisse: les employeurs sont en effet souvent dépassés par les problèmes psychiques au travail, l'assurance-invalidité se concentre sur la réinsertion des rentiers AI plutôt que sur le soutien précoce en cas de problèmes, les soins psychiatriques ne s'occupent guère de ce genre de problème et la coordination entre les assurances sociales est largement insuffisante. Les énormes ressources des multiples systèmes de soutien qui existent en Suisse – le pays qui a de loin une densité de psychiatres la plus élevée - sont utilisées de manière très inefficace.

Utilisation inefficace des ressources

Cette professionnalisation n'a toutefois pas suivi le rythme de la sensibilisation croissante doublée d’une tolérance de moins en moins grande à l'égard des problèmes psychiques au travail. Le rapport de l'OCDE «Mental Health and Work : Switzerland», publié début 2014, ne donne pas une bonne note à la Suisse: les employeurs sont en effet souvent dépassés par les problèmes psychiques au travail, l'assurance-invalidité se concentre sur la réinsertion des rentiers AI plutôt que sur le soutien précoce en cas de problèmes, les soins psychiatriques ne s'occupent guère de ce genre de problème et la coordination entre les assurances sociales est largement insuffisante. Les énormes ressources des multiples systèmes de soutien qui existent en Suisse – le pays qui a de loin une densité de psychiatres la plus élevée - sont utilisées de manière très inefficace.

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