Déclaration de confidentialité destinée aux collaborateurs: Qu'est-ce qui change avec la LPD révisée?
Contenu
- Quelles sont les obligations d'information de l'employeur envers ses collaborateurs selon la LPD révisée?
- Les collaborateurs doivent être informés en matière de traitement des données
- Remplir son devoir d’information au moyen d’une déclaration de confidentialité destinée aux collaborateurs
- La déclaration de confidentialité doit contenir un nombre minimal d’informations prédéterminées
- Exceptions au devoir d’information
- Amendes salées en cas de violation du devoir d’information
- FAQ: Déclaration de confidentialité destinée aux collaborateurs
EN BREF
Depuis l'entrée en vigueur de la LPD révisée le 1er septembre 2023, les entreprises suisses ont l'obligation légale d'informer leurs collaborateurs de tous les traitements de données personnelles les concernant. Cette exigence s'étend à l'ensemble du cycle de vie de la relation de travail, du recrutement jusqu'à la fin du contrat, et vise à garantir la transparence sur l'utilisation des données dans des domaines tels que la gestion du personnel, la comptabilité salariale ou l'évaluation des performances. L'absence de cette information expose les responsables à des amendes pouvant atteindre 250'000 CHF.
À retenir:
- L'obligation d'information s'applique à tous les collaborateurs, y compris les postulants.
- La déclaration de confidentialité doit être précise, compréhensible et facilement accessible.
- Les amendes pour violation du devoir d'information visent directement les personnes responsables au sein de l'entreprise.
- Certaines exceptions légales existent, mais elles ne dispensent pas de rédiger une déclaration globale.
- Les données traitées incluent les informations directes et indirectes permettant d'identifier une personne.

Aides de travail appropriées
Quelles sont les obligations d'information de l'employeur envers ses collaborateurs selon la LPD révisée?
Les collaborateurs doivent être informés en matière de traitement des données
Avec l’entrée en vigueur de la Loi sur la protection des données (LPD) le 1er septembre 2023, le droit suisse de la protection des données a été modernisé. À cette occasion – outre plusieurs autres obligations – une obligation d’information a été introduite. Dans le cadre de cette obligation, les entreprises responsables sont tenues d'informer de manière appropriée toutes les personnes concernées par la collecte de données à caractère personnel. Les données personnelles sont toutes les informations qui se rapportent à une personne physique identifiée ou identifiable. Des données personnelles sont également collectées et traitées dans le cadre des rapports de travail, et ce dès l’engagement jusqu’à la fin des relations de travail. Depuis l’entrée en vigueur de la LPD, il est obligatoire d’informer à ce sujet.
Il s'agit par exemple des noms ou des données de contact des collaborateurs présentes dans les dossiers personnels ou les systèmes RH, ainsi que d'autres données qui permettent indirectement d'identifier les collaborateurs (par ex. le numéro de collaborateur). Les données sont traitées de toutes les manières possibles, que ce soit consciemment et volontairement ou inconsciemment et accessoirement, par exemple en collectant, en enregistrant, en effaçant ou en accédant à des données personnelles. En d'autres termes, les règles de la législation sur la protection des données ne s'appliquent pas seulement aux relations avec les clients ou les visiteurs des sites web, mais aussi aux postulants et aux collaborateurs au sein de l’entreprise.
Exemples de traitements de données dans le cadre des rapports de travail:
- Recrutement
- Administration du personnel
- Gestion des dossiers personnels
- Comptabilité salariale
- Gestions des formations
- Plans de carrière
- Evaluation des prestations de travail
- Surveillance des collaborateurs
- etc.
Remplir son devoir d’information au moyen d’une déclaration de confidentialité destinée aux collaborateurs
Pour satisfaire à l'obligation d'information de la LPD, les entreprises doivent informer leurs collaborateurs de tous les traitements de données effectués dans le cadre du processus de candidature et pendant la relation de travail. Les collaborateurs doivent recevoir, avant le traitement de leurs données personnelles, les informations nécessaires à l'exercice de leurs droits en tant que personnes concernées (par ex. les droits d'accès, de rectification ou de suppression). En outre, les informations doivent garantir un traitement transparent des données personnelles. Les informations communiquées doivent également être précises, compréhensibles et facilement accessibles.
Alors, comment mettre en œuvre ce devoir d'information de manière pragmatique et appropriée ? Dans la pratique, il est possible d'en informer les collaborateurs par le biais d’une déclaration de confidentialité destinée aux collaborateurs. Celle-ci peut par exemple être publiée sur Internet, de manière à ce que les collaborateurs aient la possibilité de la consulter à tout moment et selon leurs besoins. Pour les nouveaux collaborateurs, il est recommandé de joindre la déclaration de confidentialité à la documentation que l'on reçoit lors de son entrée en fonction, de mentionner ladite déclaration dans le règlement du personnel ou alors dans le contrat de travail lui-même.
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La déclaration de confidentialité doit contenir un nombre minimal d’informations prédéterminées
Pour satisfaire à l'obligation d'information, la loi sur la protection des données prescrit un certain contenu minimal d'informations. Il s'agit de l'identité et des coordonnées de l'employeur, des finalités du traitement des données ainsi que des informations sur les destinataires ou les catégories de destinataires concernés (y compris l'État et la garantie en matière de protection des données en cas de transfert de données à l'étranger; p. ex. en cas de RH centralisées auprès d'une société du groupe à l'étranger). Si certaines données personnelles ne sont pas recueillies directement auprès du collaborateur concerné (p. ex. des références collectées auprès d'anciens employeurs), il convient alors de fournir certaines informations supplémentaires sur les catégories de données personnelles traitées.
Informations minimales devant être contenues dans la déclaration de confidentialité destinée aux collaborateurs:
- Identité et coordonnées de l'employeur
- Finalités du traitement (par ex. gestion du dossier personnel)
- Si disponible: destinataire des données personnelles, y compris l'État et la garantie de protection des données en cas de transfert de données à l'étranger (p. ex. RH centralisées à l'étranger).
- Si certaines données sont collectées auprès de tiers (p. ex. pour des renseignements concernant certaines références professionnelles): catégories de données personnelles traitées
Exceptions au devoir d’information
L'obligation d'informer prévue par la LPD n'est pas absolue. Différentes exceptions y sont prévues, pour lesquelles l'obligation d'informer les personnes concernées est quelquefois supprimée. S'agissant du devoir d'informer les collaborateurs, l'exception suivante est particulièrement pertinente: le devoir d'information est levé si le traitement envisagé est prévu par la loi. Cela concerne par exemple le traitement de données portant sur l'acquittement des cotisations d'assurance sociale ou le paiement du salaire. Toutefois, tous les traitements effectués pendant la relation de travail ne sont pas concernés par cette exception. On peut penser par exemple à l'évaluation des données concernant les performances professionnelles, la surveillance des collaborateurs ou la transmission de données au sein d'un groupe. Par conséquent, une déclaration de confidentialité destinée aux collaborateurs doit de toute façon être rédigée. C'est pourquoi il est courant d'inclure tous les traitements de données dans la déclaration, même s'ils sont susceptibles d'être couverts par une éventuelle exception.
Amendes salées en cas de violation du devoir d’information
La loi sur la protection des données prévoit une amende pouvant aller jusqu'à CHF 250'000.– pour la personne responsable d'une violation intentionnelle du devoir d'information. En d'autres termes, l'amende n'est pas infligée à l'entreprise, mais à la personne au sein de l'entreprise effectivement responsable de la violation du devoir d'information (p. ex. les dirigeants ou les décideurs). En raison de la menace d'amende élevée, il est dès lors chaudement recommandé de ne pas omettre la déclaration de confidentialité, d'en rédiger une en béton puis de la mettre à la disposition de vos collaborateurs.
Procédure en vue de la rédaction d’une déclaration de confidentialité destinée aux collaborateurs:
- Collecte des informations sur les différents traitements de données (p. ex. à partir du registre des activités de traitement)
- Rédaction de la déclaration de confidentialité sur la base des informations recueillies
- Publication de la déclaration de confidentialité (p. ex. sur l'Intranet et, pour les nouveaux arrivants, dans les documents remis lors de l'entrée en fonction)
- Vérifier périodiquement la déclaration de confidentialité et la compléter au besoin
Checklist pratique
- Inventorier tous les traitements de données concernant les collaborateurs (RH, paie, accès, surveillance).
- Identifier les finalités de chaque traitement de données personnelles.
- Lister les destinataires des données, y compris les transferts à l'étranger et les garanties associées.
- Rédiger une déclaration de confidentialité claire incluant l'identité de l'employeur et les droits des personnes.
- Intégrer la déclaration aux documents d'entrée pour les nouveaux collaborateurs.
- Publier la déclaration sur l'Intranet ou un lieu accessible en permanence.
- Vérifier et mettre à jour périodiquement le document en fonction des changements de processus.
- S'assurer que les responsables sont conscients des sanctions pénales en cas de non-respect.
FAQ: Déclaration de confidentialité destinée aux collaborateurs
Pourquoi la déclaration de confidentialité pour les collaborateurs est-elle obligatoire ?
La LPD révisée impose un devoir d'information envers toutes les personnes concernées. Les collaborateurs sont des personnes concernées au même titre que les clients, et ils doivent savoir comment leurs données sont traitées pour exercer leurs droits.
Quelles sont les sanctions en cas d'omission de cette déclaration ?
En cas de violation intentionnelle du devoir d'information, une amende pouvant aller jusqu'à 250'000 CHF peut être infligée à la personne responsable au sein de l'entreprise (dirigeant ou décideur), et non à l'entreprise elle-même.
Existe-t-il des exceptions au devoir d'information pour les collaborateurs ?
Oui, notamment lorsque le traitement est prévu par la loi (ex. : cotisations d'assurance sociale, paiement du salaire). Cependant, la plupart des traitements liés à la gestion RH, à l'évaluation ou à la surveillance ne sont pas couverts par ces exceptions, rendant la déclaration indispensable.
Comment diffuser efficacement la déclaration de confidentialité ?
Il est recommandé de l'inclure dans les documents remis à l'embauche, de la mentionner dans le règlement du personnel ou le contrat de travail, et de la rendre accessible via l'Intranet pour une consultation permanente.