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Pouvoir des sentiments: Comment les émotions contrôlent notre comportement

Notre cerveau ne possède pas un seul et unique centre de décision, mais plusieurs, qui agissent en complémentarité en fonction des stimulus auxquels ils sont soumis. Cet article n’a toutefois pas vocation à entrer dans les détails de l’architecture physiologique de notre cerveau ou de s’attarder sur les mécanismes neuroscientifiques qui en résultent. Il s’agit ici de comprendre, dans leur expression à échelle humaine, les différents systèmes cérébraux qui régissent nos comportements et qui expliquent notre irrésistible besoin de nous sentir, avant tout, en sécurité. En plus, on veut comprendre mieux l'influence et le pouvoir des sentiments.

22/02/2022 De: Caroline Matteucci
Pouvoir des sentiments

Même si nous évoluons aujourd’hui dans un monde «moderne», les reliquats du cerveau primitif qui protégeaient jadis les humains des dangers de la nature sommeillent toujours en nous. Le cerveau dit «primitif» est en plein de cœur notre cerveau; il est le siège de ce que l’on peut appeler l’instinct de survie. Il contrôle les systèmes les plus primaires et les plus spontanés de notre être, pour nous protéger quoi qu’il en coûte, face à une situation de danger imminent.

Dans notre société contemporaine, le danger physique a été remplacé par le stress que l’on ressent au cours des différents événements du quotidien. Lorsque nous nous sentons en insécurité émotionnelle, c’est cette partie de notre cerveau qui reprend le dessus. Le cerveau cherche à solutionner rapidement le problème qui se présente à lui, dans le but de nous mettre en sécurité et de nous permettre de retrouver un état stable. Dans ce cas de figure, les stratégies ancestrales reviennent au grand galop: la paralysie, la fuite ou l’agressivité. Là, on peut voir le pouvoir des sentiments.

Notre cerveau comporte un autre centre décisionnel tout aussi invasif, l’ego. L’ego se développe sur la base de notre vécu, de nos expériences et de nos connaissances. Il reflète le conditionnement que nous avons subi tout au long de notre vie, qu’il s’agisse d’injonctions du monde du travail, de la sphère familiale ou plus largement, sociétales. En d’autres termes, l’ego, c’est celui qui fait office de premier de la classe dans notre système cérébral; il estime que c’est lui qui sait comment penser, comment être et comment procéder. Enfin, c’est ce qu’il croît.

Son action est difficile à saisir, il agit dans l’ombre de nos biais et structure nos réponses dans les moments de doute et d’insécurité. En fait, l’ego agit comme un filtre, il fait le tri, il sélectionne, mais toujours en faveur de nos croyances initiales. Somme toute, l’ego est tout sauf créatif et inspirant.

C’est notre autorité intérieure qui renferme notre véritable potentiel. C’est elle qui prend les décisions basées sur la réflexion rationnelle et qui nous fait grandir. L’autorité intérieure siège dans le cortex préfrontal du cerveau et est difficile d’accès. Pour que cette partie de notre cerveau puisse s’exprimer librement, il faut que les parties plus primitives lui laissent l’espace nécessaire pour prendre la parole.

Pour avoir accès à cette partie, il nous faut donc nous sentir en sécurité. La tranquillité d’esprit est un besoin essentiel de l’être humain, il lui est nécessaire pour prendre sa place et évoluer en se sentant compris, avant tout par lui-même, mais aussi par son entourage.

Savoir transmettre un sentiment de sécurité est l’une des plus belles qualités humaines

Être capable de créer un espace sain pour permettre à l’autre de se sentir en sécurité est un véritable atout dans notre vie personnelle et en société, mais cela est encore plus important dans le monde des entreprises. Les personnes capables de rassurer l’autre possèdent une réelle valeur ajoutée dans le cadre de relations humaines saines et productives. Un état d’esprit calme et apaisé nous permet de nous sentir en accord avec nous-même, de nous sentir reconnu pour ce que l’on est vraiment et nous incite à donner le meilleur de nous-même.

C’est seulement lorsque l’on on est conscient de notre conditionnement, de nos commandements internes incessants et que nous prenons soin de les garder à l’œil que nous avons accès à nos ressources les plus intéressantes et les plus précieuses.

Il n’est, cependant, pas si facile d’être conscient de son conditionnement, puisqu’il est bien souvent, justement, inconscient. L’ego opère dans les coulisses de notre cerveau, il nous dicte comment agir et nous fait jouer un rôle pour nous faire croire, à tort, que nous sommes en pleine possession de nos moyens, que nous avons raison pour l’autre.

Qui n’a jamais entendu sa petite voix intérieure lui dicter de divulguer ou non certaines informations pour coller à l’image que nous exigeons de nous-même ou pire, pour coller aux attentes de notre interlocuteur? Pourtant, le fait de rester coincé dans ce système de croyance erroné, bien souvent bâti sur des injonctions qui n’ont plus ou pas lieu d’être, nous empêche de nous connecter à notre autorité intérieure.

Il faut donc s’observer en conscience afin de garder notre conditionnement sur le côté, pour avoir accès à son plein potentiel, pour ouvrir le champ des possibles et pour atteindre notre autorité intérieure qui, elle seule, sait ce qui est véritablement bon pour nous.

Ce sont ces personnes dotées de cette belle qualité d’écoute, d’empathie et en conscience de soi et du pouvoir des sentiments qui ont la possibilité de faire évoluer l’autre en lui octroyant l’espace nécessaire pour se réaliser dans toute son authenticité.

Ce sont ces humains qui inspirent confiance. 

Ce sont ces humains qui ont de l’impact sur les autres et qui les aident à évoluer. Ce sont ces humains qui peuvent changer le monde.

Alors comment devenir cette personne capable de faire évoluer positivement les autres?

La première étape pour devenir cet être bienveillant et bientraitant est tout simplement d’apprendre à mettre son interlocuteur au centre de l’attention en le plaçant dans la zone de confort qui lui correspond. Mais pour permettre à quelqu’un de se sentir en sécurité à vos côtés, il est nécessaire que vous soyez, vous aussi, en pleine possession de votre potentiel. Savoir mettre à l’aise suppose que vous soyez, vous aussi, à l’aise avec vous-même et avec les autres.

Je vous encourage donc à vous observer en pleine conscience et faire le nécessaire pour gagner l’accès à votre cerveau préfrontal. Lorsque vous êtes en cohérence avec vous-même, confortablement installé dans votre autorité intérieure, vous émettez des signes positifs et ne risquez pas de déstabiliser l’autre.

orsque nous sommes dans cet état d’harmonie avec nous-même, alignés sur ce que nous pensons, faisons, vibrons et disons, nous offrons à notre interlocuteur cet espace de confiance où il pourra simplement être lui, lui aussi.

Prendre conscience que la communication est à double sens est donc la clé pour vous permettre de rencontrer l’autre tel qu’il est et non tel que nous voudrions ou aurions besoin qu’il soit! C’est d’ailleurs le mot d’ordre de Cryfe et ça marche bien entendu dans les deux sens:

«Permettre à chacun de se sentir en sécurité afin qu’il ait accès à son plein potentiel»

Lorsque nous parvenons à joindre notre cerveau préfrontal où siège la fameuse autorité intérieure, nous retrouvons la pleine potentialité de notre être et la capacité de nous vivre tel que l’on est, pour le meilleur.

Les neurosciences confirment cette hypothèse. Cette partie préfrontale est réputée être la fraction cérébrale la plus adaptative, la plus créative et la plus disruptive. Ce «cerveau super intelligent» redonne à l’être humain toute sa capacité à voir au-delà de son conditionnement et à connecter à quelque chose de plus vaste pour nous permettre de se questionner et d’être pleinement authentique.

Le langage du corps, le seul langage authentique!

Une fois cet espace de confiance instauré, il s’agit de mettre à profit votre intelligence émotionnelle et d’observer les signaux que vous envoie votre interlocuteur. Nous communiquons continuellement, de manière consciente et inconsciente, avec ou sans paroles. Le langage parlé n’est effectivement qu’une des nombreuses voies de communication possibles pour communiquer.

On peut aller plus loin et admettre que le langage corporel est le langage le plus important et le plus sincère de tous, puisqu’il est aussi le plus primaire. Nous l’utilisons dès notre plus jeune âge, alors même que le processus de conditionnement n’a encore aucune prise sur notre être.

Regardez un enfant qui vient de naître. Il communique! Il a même été mis en évidence qu’un enfant né avec une cécité absolue adoptera précisément les mêmes mimiques et gestuelles qu’un enfant voyant, en partie grâce aux neurones miroirs (Vittorio Gallese). La communication non-verbale est donc un langage inconditionnel et universel qui mérite d’être appris et compris de tous.

Lorsque vous observez l’autre en étant attentif à vos propres filtres et à votre propre attitude, vous établissez un lien authentique: pouvez entrer en empathie avec lui et avez accès à sa personnalité profonde et véritable.

Alors qu’il est aisé de choisir soigneusement ses mots et faire bonne figure, il est difficile, voire impossible, de contrôler les signaux émis par notre langage corporel. C’est ce qui les rendent plus authentiques. Observer l’autre nous permet, finalement, d’évaluer avec précision l’état d’esprit de notre interlocuteur et de le respecter pleinement.

Pouvoir des sentiments: Comment peut-on accompagner son interlocuteur vers son plein potentiel?

La réponse est simple: nous devons le mettre en sécurité et s’assurer, en observant son langage corporel, qu’il est véritablement en situation de confort.

Notre cerveau «primitif» s’informe au travers des milliers de «capteurs du danger» répartis dans notre corps. Il analyse inconsciemment, mais constamment, les faits et gestes de notre interlocuteur pour juger de la dangerosité de la situation.

Soyez en sûr, si vous émettez des signaux, ne serait-ce que subtiles, d’agression, d’inconfort ou d’incongruence au cours d’un entretien, la personne en face de vous le ressentira instantanément et activera inconsciemment son instinct de survie en un battement de cœur. Vous l’aurez compris, à ce moment précis, vous venez de faire perdre à cette personne tous accès à son potentiel positif, en faveur du centre reptilolimbique, à savoir, l’animal en nous.

En tant que recruteur, chef d’équipe, leader, il en va de notre responsabilité de créer cet espace de sécurité.

Comment le mettre en pratique? Comme nous venons de le voir, il faut d’abord commencer par prendre conscience de ses propres filtres, jugements et biais cognitifs. 

Pourquoi? Parce qu’ils peuvent nous empêcher de voir la réalité telle qu’elle est, mais surtout ils peuvent avoir un impact sur notre attitude et les signaux que nous émettons.

Cette notion de gestion de la perception est essentielle à comprendre. Notre comportement influence celui de notre interlocuteur. Mais cela va bien au-delà. Une simple pensée peut influencer notre attitude. Des études ont démontré (Virj) que le simple fait de penser que la personne en face de vous est «coupable» ou «triche» va changer votre gestuelle, vos mots et cela va se répercuter sur celle de l’autre.

Une communication va dans les deux sens, c’est pourquoi il est très important de donner du feedback à la personne en face de vous. Elle vous donne des signaux et essaie d’être reconnue. Validez que vous l’écoutez avec tous vos sens et renvoyez-lui votre regard, tout en prenant soin de bien vérifier que cela correspond à sa propre réalité. Utiliser l’analyse de la congruence et observer les signaux qu’elle vous donne en retour est en ce sens indispensable.

Les signaux sont-ils congruents? Sont-ils vraiment des signaux de confort? Si oui, alors vous êtes sur la même longueur d’onde, la zone de confiance est installée et vous avez tous les deux accès à votre pleine potentialité. Félicitations, vous êtes en train de construire une relation saine et productive.

Vous observez des incongruences? De l’inconfort? Alors, il faut retourner au moment où la situation a basculé et identifier ce qui a engendré le malaise. Est-ce mon comportement qui a changé? A-t-il pu influencer l’autre? Est-ce que la personne n’a pas pu se dire? Est-elle sortie de sa zone de confort? Autant de questions qu’il faut se poser pour se remettre en question, pour vous faire évoluer, vous en même temps que les autres.

En lieu et place du questionnement qui s’adresse au cerveau conditionné, nous proposons d’utiliser la méthode VIP© (validation des incongruences). Celle-ci propose de s’adresser aux émotions ressenties par notre interlocuteur afin de pouvoir en observer la réponse corporelle.

L’objectif est alors de raconter une histoire forte qui touche le corps émotionnel. En écoutant une histoire, on ne parle pas, mais on montre nos états internes. La méthode VIP permet donc de révéler et identifier les réels besoins de l’autre pour travailler ensemble d’une manière plus féconde.

H2H est un slogan que beaucoup brandissent, mais si nous souhaitons véritablement remettre l’humain au centre, il faut lui permettre d’être avant tout authentique.

Fini les jeux de pouvoir et du jeu du «j’ai raison» et «tu as tort». Ces enfantillages appartiennent au domaine de l’ego et il n’est pas pertinent dans le cadre des ressources humaines. Il est temps de laisser s’exprimer chaque potentiel, chaque diversité pour faire grandir votre entreprise sur le chemin du respect réciproque et des valeurs humaines. Vous verrez, vous n’en tirerez que des bénéfices, que ce soit dans les relations interpersonnelles, mais aussi dans la qualité du travail.

Les outils du profiling et plus spécifiquement l’analyse de la congruence nous permettent de mettre une petite pierre sur l’édifice de ce rêve que de pouvoir être reconnu et accepté à juste titre pour nos différences, nos qualités et nos défauts, bref notre propre couleur.

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