L’autocoaching: Méthode efficace pour tous les dirigeants

EN BREF

L'autocoaching se révèle une compétence clé pour les dirigeants suisses confrontés à des situations où un accompagnement externe est indisponible, financièrement inaccessible ou inapproprié. Cette méthode structurée permet d'adopter un point de vue extérieur sur ses propres défis, en transformant le dirigeant en son propre coach grâce à des techniques de simulation de conversations et d'écriture réflexive. Elle offre une alternative efficace pour élargir la palette des solutions d'action et prendre des décisions éclairées.

À retenir:

  • L'autocoaching permet de simuler des conversations avec des experts, des supérieurs ou des observateurs externes pour élargir les perspectives.
  • La prise de notes écrite et le changement de posture physique (changement de chaise) renforcent l'efficacité de l'exercice.
  • Cette méthode est particulièrement utile pour la prise de décision importante et la résolution de problèmes techniques ou personnels.
  • Les principes fondamentaux du coaching (disponibilité, ouverture, singularité) restent applicables même en autodidacte.
28/07/2025 De: Claudia Hendry
L’autocoaching

Comment les dirigeants peuvent-ils mettre en œuvre l'autocoaching pour résoudre des problèmes décisionnels et améliorer leur leadership ?

Dans certaines situations, l’autocoaching devient une alternative précieuse : lorsque vous auriez urgemment besoin d’un coach, mais qu’aucun n’est disponible dans votre région, que votre entreprise ne prend pas en charge ce type d’accompagnement, ou que – coach vous-même – vous ne vous voyez pas faire appel à un confrère. Pouvoir s’autoaccompagner efficacement représente alors une compétence clé, accessible et structurante pour les cadres et dirigeants.

Coaching professionnel

Dans ces cas, l’autocoaching est une bonne solution pour vous: dans cette méthode, vous prenez vous-même le rôle de coach en adoptant un point de vue extérieur pour vous poser des questions (voir le Conseil pratique I), et vous y répondez pour vous, ou, mieux encore, vous consignez vos réponses par écrit.

Conseil pratique I

Questions d’autocoaching – Coaching professionnel

  • Comment dois-je répondre à la question posée?
  • Comment un expert répondrait-il à la question?
  • Quelle décision dois-je prendre?
  • Pour chacune des décisions: quels effets pour-rait-elle avoir dans les trois ans qui viennent?
  • Quelles démarches dois-je entreprendre?
  • Quelles démarches entreprendrait un expert?
  • Qu’est-ce qui est en jeu?
  • Comment une personne extérieure décrirait-elle les enjeux?

Parmi les divers concepts d’autocoaching (voyez les variantes dans le Conseil pratique II), choisissez le plus adapté à votre situation, celui qui vous aidera à examiner votre problème d’un autre point de vue, à élargir la palette de vos possibilités d’action.

Invitez l’interlocuteur de votre choix à ces «conversations virtuelles» ou «conversations silencieuses»: un expert, un supérieur, une personne extérieure, une équipe ou même vous-même, en observateur externe.

Imaginez très concrètement que la personne ou l’équipe en question se trouve en face de vous, à la même table que vous, et mettez-vous dans la peau de votre interlocuteur, tant en pensée que physi-quement, en changeant de place (placez autant de chaises que vous avez invité de personnes à votre conversation virtuelle).

Formulez vos questions avant de commencer l’entretien. Posez-les ensuite «dans votre tête» et con-signez les réponses par écrit. N’évaluez pas ces réponses avant d’avoir terminé la conversation et d’avoir repris votre place. Abordez cet exercice en étant ouvert à la nouveauté.

Conseil pratique II

Différents modes d’autocoaching

1. Recours à l’expert virtuel: Dans quel cas?

Lorsque vous devez prendre une décision importante.
Lorsque vous voulez être certain d’entreprendre la «bonne» démarche. Comment procéder?

  1. Choisissez un expert adapté à votre situation et imaginez qu’il passe la porte de votre bureau.
  2. Demandez-vous quelle(s) question(s) vous aimeriez lui poser et mettez ces questions par écrit.
  3. Posez ces questions «en silence» à votre expert et prenez note de ce qui vous vient à l’esprit – considéré dans sa perspective.
  4. Evaluez les réponses et sélectionnez celles que votre expert aurait le plus probablement choisies.

2. Soutien d’un supérieur: Dans quel cas?

Lorsque vous devez résoudre des problèmes qui concernent des décisions techniques ou personnelles au sein de l’entreprise.
Lorsque vous devrez par la suite défendre vos décisions devant votre supérieur.
Comment procéder?

  1. Faites entrer virtuellement le supérieur de votre choix dans votre bureau et imaginez-le assis, en face de vous (placez un deuxième fauteuil pour lui, cela vous aidera).
  2. Glissez-vous dans la peau de votre supérieur, asseyez-vous sur le siège vide et faites comme si vous étiez lui.
  3. Voyez à travers les yeux de votre supérieur et demandez-vous quel serait son avis à propos de la décision ou du document qui vous intéresse.
  4. Corrigez votre document ou adaptez votre décision de manière à ne buter sur aucun problème lors de l’entretien réel.

3. Point de vue d’une personne extérieure (que vous connaissez très bien): Dans quel cas?

Lorsque vous voulez avoir un autre point de vue sur une question précise.
Comment procéder?

  1. Pensez à une personne qui n’a pas le moindre rapport avec la situation qui vous occupe et ima-ginez-la en face de vous.
  2. Racontez-lui le problème «en silence» et imaginez comment elle pourrait réagir.
  3. Transposez sa réaction à votre problème et réfléchissez aux effets qu’elle aurait sur la situation en question.

Coacher d’autres personnes

Celui ou celle qui coache d’autres personnes le fait en diverses qualités: supérieur, responsable RH, personne externe, etc. Quel que soit le rôle dans lequel vous intervenez, il est important que vous preniez en considération les fondements du coaching:

Conseil pratique III

Fondements du coaching professionnel:

  • Disponibilité:
    Pour coacher efficacement une personne, il est indispensable que cette dernière soit disposée à entreprendre une telle démarche. Sans cela, tout coaching est impossible.
  • Ouverture:
    Chacun a son propre regard sur la réalité et considère sa manière personnelle de l’interpréter comme la bonne. Dans le coaching professionel, il est par conséquent important d’être ouvert à la réalité de l’autre, de reconnaître son existence et de rester conceptuellement dans « son monde ».
  • Singularité:
    Chaque personne, chaque problème est unique et a droit à être reconnu et accepté en tant que tel. Comme coach, faites preuve de respect envers l’autre et appréciez à sa juste valeur la confiance qu’il vous accorde. Mettez-vous au second plan, placez l’autre au centre de l’attention.
  • Changement de perspective:
    Des descriptions, déclarations ou jugements problématiques sont souvent la cause des problèmes. Si vous aboutissez à une nouvelle description, une nouvelle déclaration ou un nouveau jugement, votre problème est souvent déjà résolu.
  • Ressources et compétences:
    Braquez ensemble les projecteurs sur les ressources et les compétences de l’autre et faites-le agir dans le cadre de ses possibilités et de sa responsabilité. Accompagnez-le jusqu’à ce qu’il soit ca-pable de construire sur ses réussites.
  • Questions:
    Poser des questions est le principal instrument du coach. En tant que coach, amenez l’autre à ses réponses en le questionnant. Chacun détient ses réponses en soi, sans toujours savoir comment y accéder sans aide extérieure.

Checklist pratique

  • Identifier clairement le problème ou la décision à traiter.
  • Choisir le type d'interlocuteur virtuel le plus adapté (expert, supérieur, personne extérieure).
  • Préparer physiquement l'espace en disposant des chaises pour simuler la présence des interlocuteurs.
  • Formuler les questions précises avant de commencer l'exercice mental.
  • Se glisser physiquement et mentalement dans la peau de l'interlocuteur choisi.
  • Consigner toutes les réponses par écrit sans les évaluer pendant la simulation.
  • Reprendre sa propre place et évaluer les réponses une fois la conversation virtuelle terminée.
  • Sélectionner les réponses qui correspondent le mieux à la perspective de l'expert ou du supérieur.
  • Adapter la décision ou le document en fonction des nouvelles perspectives obtenues.
  • Aborder l'exercice avec une ouverture d'esprit totale à la nouveauté.

En tant que supérieur hiérarchique ou conseiller, vous décidez vous-même du style que vous adopterez pour diriger ou conseiller. Votre choix dépendra notamment du mandat qui vous a été confié.

Vous pouvez réaliser votre tâche en entraînant, en coachant, en prenant des décisions, en donnant des conseils ou encore en accompagnant (voir Conseil pratique IV). Choisissez le style qui convient le mieux à la situation en question ou qui vous correspond le mieux en général.

FAQ: L’autocoaching

Dans quelles situations l'autocoaching est-il particulièrement recommandé ?

L'autocoaching est idéal lorsque vous devez prendre une décision importante, lorsque vous cherchez la « bonne » démarche, ou pour résoudre des problèmes techniques et personnels au sein de l'entreprise, surtout si un coach externe n'est pas disponible.

Comment procéder pour simuler une conversation avec un expert virtuel ?

Choisissez un expert adapté à votre situation, imaginez-le entrant dans votre bureau, écrivez vos questions, posez-les mentalement en vous mettant à sa place, et notez les réponses qui vous viennent à l'esprit depuis sa perspective.

Quels sont les fondements essentiels à respecter lors du coaching d'autres personnes ?

Les fondements incluent la disponibilité de l'interlocuteur, l'ouverture à sa réalité, le respect de la singularité de chaque personne et problème, le changement de perspective, l'activation des ressources et compétences, et l'utilisation de questions pour amener l'autre à ses propres réponses.

Quelle est l'utilité du changement de chaise dans la méthode d'autocoaching ?

Le changement de chaise aide à se mettre physiquement et physi-quement dans la peau de l'interlocuteur virtuel, facilitant ainsi une immersion plus profonde et une compréhension plus authentique de son point de vue.

Comment choisir le style d'accompagnement approprié (coaching, entraînement, conseil) ?

Le choix du style dépend du mandat confié et de la situation spécifique ; il est important d'évaluer si la situation nécessite un entraînement, un coaching, une prise de décision directe, un conseil ou un accompagnement.

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