Nouveautés en droit du travail: Ce qui vous attend en 2026
Contenu
- Quelles sont les nouvelles obligations fiscales et déclaratives pour les employeurs suisses en 2026 concernant le télétravail des frontaliers et les détachés britanniques ?
- Nouvelles réglementations relatives au télétravail entre la France et la Suisse
- L’accord sur la mobilité des prestataires de services entre la Suisse et le Royaume-Uni
- Adaptations des salaires cantonaux minimaux
- FAQ: Nouveautés en droit du travail
EN BREF
Depuis le 1er janvier 2026, les employeurs suisses doivent naviguer entre de nouvelles règles fiscales pour le télétravail des frontaliers français et des obligations déclaratives accrues pour les détachés britanniques. L'avenant à la convention de double imposition permet désormais un télétravail jusqu'à 40 % sans perte du statut de frontalier, sous réserve d'un suivi strict des jours travaillés et d'un échange automatique de données salariales à partir de 2027. Parallèlement, l'accord de mobilité avec le Royaume-Uni impose une déclaration via EasyGov.swiss pour les détachements dépassant huit jours, avec des seuils cumulatifs par entreprise.
À retenir:
- Le télétravail des frontaliers français est autorisé jusqu'à 40 % de l'année sans changer le lieu d'imposition principal.
- Au-delà de 40 %, le revenu du télétravail est imposé en France et celui du travail en Suisse en Suisse.
- Les employeurs doivent déclarer les détachés britanniques via EasyGov.swiss si la mission dépasse huit jours par an.
- Un échange automatique de données salariales des frontaliers français commencera en 2027 pour l'année fiscale 2026.
- Les salaires minimaux cantonaux ont été adaptés au 1er janvier 2026, notamment à Lucerne et dans les cantons frontaliers.

Aides de travail appropriées
Quelles sont les nouvelles obligations fiscales et déclaratives pour les employeurs suisses en 2026 concernant le télétravail des frontaliers et les détachés britanniques ?
Nouvelles réglementations relatives au télétravail entre la France et la Suisse
Bases d’imposition des frontaliers français
Selon l’art. 5 al. 1 let. a en relation avec l’art. 6 al. 2 LIFD, les personnes qui n’ont ni domicile fiscal ni résidence en Suisse ne sont imposables que de manière limitée. En principe, seul le revenu provenant d’une activité lucrative exercée en Suisse est soumis à l’impôt. Jusqu’en 2024, une présence physique en Suisse était requise à cet effet. Parmi les nouveautés en droit du travail, l’art. 5 al. 1bis LIFD permet désormais à la Suisse d'imposer également les revenus des personnes étrangères exerçant une activité lucrative salariée pour des employeurs ayant leur siège, leur administration effective ou un établissement stable en Suisse, même si les jours de travail sont effectués à l’étranger, pour autant que la convention de double imposition applicable accorde un droit d’imposition à la Suisse.
Pour les personnes qui ne sont ni domiciliées fiscalement ni résidentes en Suisse, la procédure d’imposition à la source prévue aux art. 91 ss LIFD s’applique, c’est-à-dire que les employeurs doivent déduire les impôts directement du salaire puis les verser aux autorités fiscales.
La convention de double imposition entre la Suisse et la France (CDI CH-FR) adopte en règle générale le principe du lieu de l’exercice de l’activité, c’est-à-dire que l’imposition s’effectue là où l’activité est effectivement exercée (art. 17 al. 1 LIFD CH-FR). Une réglementation spéciale s’applique toutefois aux frontaliers dans les cantons concernés: selon l’accord de 1983, les frontaliers français qui travaillent dans les cantons frontaliers de Berne, Soleure, Bâle-Campagne, Bâle-Ville, Neuchâtel, Jura, Vaud et Valais sont entièrement imposables en France et ne sont pas soumis à l’impôt à la source en Suisse. En contrepartie, la Suisse reçoit une compensation financière correspondant à 4,5% de la rémunération brute versée chaque année aux frontaliers.
Avenant à la convention de double imposition entre la Suisse et la France
Le recours croissant au télétravail à domicile, favorisé par la pandémie de Covid, a conduit, pour les frontaliers, à la mise en place de dispositions fiscales transitoires entre les Etats. La solution temporaire convenue entre la Suisse et la France a désormais été pérennisée par l’avenant à la convention de double imposition entre la France et la Suisse, entré en vigueur le 24 juillet 2025. Ses dispositions s’appliquent depuis le 1er janvier 2026.
Selon les nouvelles réglementations, les frontaliers résidant en France peuvent désormais travailler jusqu’à 40% de leur temps de travail annuel depuis leur domicile en France sans perdre leur statut de frontalier.
En matière fiscale, il convient de distinguer:
- les frontaliers dont l’employeur est situé dans les cantons de Berne, Soleure, Bâle-Campagne, Bâle-Ville, Neuchâtel, Jura, Vaud et Valais
Si le télétravail à domicile ne dépasse pas 40% par an, l’ensemble des revenus continue d’être imposé intégralement en France et la Suisse reçoit une compensation financière.
En revanche, si la limite de 40% est dépassée, le statut de frontalier n’est plus valable à partir du premier jour de télétravail et l’imposition s’effectue sur le lieu de travail, conformément à l’art. 17 al. 1 CDI CH-F. Il en résulte que le revenu perçu en Suisse est soumis à l’impôt à la source en Suisse et que les jours de télétravail à domicile sont imposés en France.
- et les autres cantons (y compris Genève)
Dans les autres cantons (y compris Genève), le nouvel avenant prévoit qu’une activité en télétravail à domicile représentant jusqu’à 40% du temps de travail continue d’être considérée comme exercée en Suisse et est donc soumise à l’imposition à la source suisse.
L’avenant prévoit en outre un paiement compensatoire de la Suisse à la France à hauteur de 40% des recettes fiscales provenant des revenus générés par le télétravail concerné. Pour les salariés français travaillant pour le compte d’un employeur dont le siège est à Genève, la Suisse ne verse toutefois une compensation que pour la part du télétravail comprise entre 15% et 40%.
Si la limite de 40% est dépassée, l’imposition s’effectue selon l’art. 17 al. 1 CDI CH-FR, c’est-à-dire au lieu de travail. Le revenu pouvant être attribué aux jours de travail effectivement prestés en Suisse est soumis à l’imposition à la source en Suisse; le revenu correspondant aux jours de télétravail à domicile est, lui, imposé en France.
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