Contestations de certificats: Justifiées ou injustifiées?

Aides de travail appropriées
Contestations de certificats justifiées
Il existe des situations dans lesquelles le salarié peut ne pas être d'accord avec le certificat de travail qui lui a été remis. Voici quelques raisons possibles :
- Des tâches et des activités essentielles n'ont pas été mentionnées dans le certificat.
- La durée de certaines activités n'est pas correctement indiquée.
- Les données personnelles sont erronées ou incomplètes.
- Les fautes d'orthographe ou autres erreurs linguistiques doivent être corrigées.
- L'employeur n'a fait aucune mention des performances et du comportement.
- L'employeur ne s'est pas exprimé clairement sur les performances et le comportement.
- L'employeur n'a évalué que les performances.
L'employeur n'a évalué que le comportement.
De telles erreurs donnent le droit au salarié de demander une modification de son certificat de travail, car ces lacunes sont en contradiction avec le principe d'exhaustivité.
Si un employeur ne tient pas compte de ces objections justifiées, le salarié a la possibilité d'obtenir, par voie judiciaire, la délivrance d'un certificat de travail conforme. L'organisation des tribunaux compétents en matière de litiges du travail relève de la compétence des cantons.
Procédure simple et rapide en cas de litiges du travail
Le droit du travail fait exception à cet égard en imposant aux cantons de prévoir une procédure simple et rapide en cas de litiges du travail. Les faits doivent être constatés d'office. De plus, aucun frais de justice ne peut être imposé, car la valeur litigieuse est largement inférieure au montant de 30 000 CHF prévu par la loi (art. 343, al. 2 et 3, CO). La valeur litigieuse des certificats de travail varie considérablement d'un canton à l'autre.
Contestations injustifiées des certificats
Il incombe à l'employeur de diriger ses subordonnés de manière ciblée et de les évaluer périodiquement. Il est absolument impératif pour un employeur de s'exprimer régulièrement sur la réalisation des objectifs, les lacunes et les possibilités d'amélioration des employés. Les évaluations et les retours de l'employeur constituent une aide indispensable pour l'orientation du salarié : elles l’aident à s’améliorer de manière ciblée. De plus, les évaluations fournies contribuent au développement à long terme du personnel.
Comme la plupart des gens n’aiment pas recevoir de critiques, il est important pour un employeur de très bien se préparer aux entretiens d’évaluation et aux critiques à formuler. Une critique exprimée avec bienveillance est généralement mieux acceptée qu’une critique injustifiée et vague.
La technique de transition est recommandée
Les critiques, les évaluations et les suggestions d’amélioration bien intentionnées sont parfois mal comprises par les collaborateurs. C’est pourquoi il est particulièrement important de cultiver la technique de transition à utiliser dans les certificats de travail. Il est certes beaucoup plus exigeant de délivrer des certificats de travail transparents accompagnés d’un label de qualité que de recourir à la technique de codage obsolète, vieille de plusieurs décennies.
Fonder les certificats de travail sur des qualifications documentées
L’expérience montre que certains employés continuent d’exiger des certificats utilisant le codage habituel, même après le passage d’une entreprise à des certificats de travail transparents et non codés. Il convient de contrer cette obstination par une information ciblée. Aucun tribunal du travail ne peut contraindre un employeur à délivrer des certificats mensongers ou incomplets. Il est toutefois impératif pour les employeurs de ne rédiger que des certificats transparents, fondés sur des qualifications préalablement clairement communiquées et documentées. Lorsque ces conditions sont réunies, il est facile pour un employeur de faire valoir un certificat correctement établi.
La crainte des tribunaux du travail est absolument infondée si un certificat répond aux critères suivants :
- Vérité
- Bienveillance
- Exhaustivité
- Cohérence
- Clarté
Conflits du travail : exemple de contestation d'un certificat de travail
Certificat de travail rédigé de manière trop négative
Une ancienne employée d'usine se plaint auprès de son ancien employeur de ne plus parvenir à trouver d'emploi en raison du certificat de travail qui lui a été délivré. Elle lui demande donc de lui en établir un nouveau. L'usine s'adresse à son conseiller en gestion d'entreprise par la lettre suivante :
Cher Monsieur Meier,
Il y a environ un an, nous avons délivré à une collaboratrice le certificat de travail ci-dessous. Elle nous a maintenant contactés pour nous demander si nous ne pourrions pas lui délivrer un autre certificat ; elle estime ne plus pouvoir trouver d'emploi avec celui-ci. Nous nous demandons si ce certificat est vraiment si mauvais que cela l’empêche de trouver un emploi. Si tel est le cas, comment pourrions-nous formuler notre avis de manière plus modérée ? Peut-être auriez-vous également quelques conseils à nous donner sur la manière dont nous pourrions mener un entretien avec Mme Nussbaumer.
Cordialement,
Lisa Rusterholz, responsable des ressources humaines, Lebensmittelfabrik AG
La mission du consultant en gestion consiste à trouver une formulation plus modérée tout en mettant en évidence pour son client les risques et les limites qui existent dans ce contexte.
Les solutions faisant appel à la technique du « pont » sont alors considérées comme réussies lorsque le certificat contient des affirmations véridiques qui, dans le même temps, n’empêchent pas un embauche ultérieure. Privilégier la vérité à la bienveillance signifie que la collaboratrice se voit offrir une chance de gérer son handicap. Cela ne signifie en aucun cas empêcher une prise de fonction ultérieure par des déclarations accablantes.
Le consultant en gestion résout la tâche comme suit :
Chère Madame Rusterholz,
Le certificat que vous avez rédigé est en effet assez sévère. Il semble toutefois que vous ayez réussi à trouver le juste équilibre. La proposition ci-dessous vous montre comment formuler ce certificat de manière un peu plus modérée, sans pour autant omettre les faits réels, qui sont clairement négatifs.
De plus, la durée de l'emploi a été plutôt courte. Cela pourrait inciter Mme Nussbaumer à demander une attestation de travail. Il est fortement déconseillé de le faire, car cela ne ferait que dissimuler les erreurs commises. Postuler en dissimulant ses erreurs revient à se priver de toute chance et à rester au chômage. Il existe certes un droit légal à une attestation de travail (art. 330a, al. 2, CO), mais tout employeur en tirera des conclusions négatives. Une attestation de travail ne serait donc pas utile à votre ancienne collaboratrice. Si Mme Nussbaumer souhaite se rabattre sur une attestation de travail, vous devez absolument lui expliquer et lui faire part de ces implications.
Il est également de votre devoir d’attirer l’attention de Mme Nussbaumer sur le fait qu’elle doit déployer des efforts considérables dans ses candidatures pour convaincre un nouvel employeur potentiel de sa volonté de s’améliorer. Il est judicieux de commencer dès la rédaction de la lettre de candidature (lettre d’accompagnement). Personne ne peut ignorer le fait que Mme Nussbaumer s’est comportée de manière gravement inappropriée pendant toute la durée de son emploi.
Trouver un nouvel emploi nécessite des efforts particuliers. Mme Nussbaumer doit changer d’attitude, sinon son passé la rattrapera sans cesse. Même un certificat de travail aux termes élogieux ne lui sera d’aucune utilité. Au plus tard lors de la vérification des références, les futurs employeurs renonceront à l’embaucher.
Même la nouvelle proposition, quelque peu plus modérée, ne doit pas faire oublier que Mme Nussbaumer doit changer. Elle ne gagnera la confiance d’un nouvel employeur que si elle parvient à le convaincre qu’elle a tiré les leçons de ses erreurs. Elle le démontrera au mieux par une lettre de motivation adaptée, rédigée dans ce sens.