Home Office: Qui doit payer le matériel et les frais professionnels?
Contenu
- Qui est responsable du paiement du matériel et des frais liés au Home Office?
- Introduction
- Qui fournit les instruments de travail et le matériel?
- Home office: Qui prend en charge les frais?
- Existe-t-il des exceptions à l’obligation de rembourser les frais?
- Quels frais sont nécessaires?
- Preuve et prescription des frais non remboursés
- Convention de télétravail
- Conclusion sur l’indemnisation du télétravail
- FAQ: Home Office
EN BREF
La prise en charge des coûts liés au télétravail dépend principalement de l'intérêt dans lequel le travail à domicile est effectué. Si le home office est imposé par l'employeur ou sert ses intérêts, celui-ci doit fournir le matériel nécessaire ou indemniser le collaborateur pour l'utilisation de son équipement privé. En revanche, si le télétravail est volontaire et que l'employeur met un poste de travail adapté à disposition au bureau, aucune indemnisation n'est due pour le matériel ni pour les frais annexes comme l'électricité ou Internet.
À retenir:
- L'employeur doit fournir les instruments de travail (ordinateur, mobilier) ou verser une indemnité proportionnelle s'ils sont fournis par le salarié.
- Les frais nécessaires (électricité, Internet, chauffage) sont remboursables uniquement si le télétravail est dans l'intérêt de l'employeur.
- Le télétravail volontaire, avec poste de travail disponible au bureau, ne génère pas de droit à remboursement des frais personnels.
- Une convention écrite de télétravail est fortement recommandée pour définir clairement les forfaits et les responsabilités.
- Les accords prévoyant que le collaborateur supporte seul les frais professionnels obligatoires sont nuls selon le Code des obligations.

Aides de travail appropriées
Qui est responsable du paiement du matériel et des frais liés au Home Office?
Introduction
En principe, le lieu de travail convenu contractuellement est celui où le travail doit être exécuté. L’employeur comme le travailleur ont le droit et l’obligation, respectivement, de recevoir et de fournir la prestation de travail au lieu convenu. Ce lieu peut être déplacé d’un commun accord, par exemple au domicile du travailleur pour exercer son activité en home office. Aujourd’hui, différents contrats de travail ou avenants prévoient déjà le domicile comme lieu de travail principal. Dans ce cas, les employeurs devraient toutefois vérifier au préalable si le déplacement du lieu de travail du collaborateur à son domicile ne crée pas un établissement stable. La loi ne confère cependant au collaborateur aucun droit à exercer son activité, même partiellement, en télétravail.
En revanche, la question se pose de savoir si le lieu de travail peut aussi être déplacé unilatéralement au domicile du collaborateur, sur instruction de l’employeur. Au moins pendant le confinement lié à la COVID-19, le télétravail imposé par l’employeur était admissible. Il se justifiait notamment par les directives de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) et par la mise en œuvre correcte des recommandations du Conseil fédéral. En dehors de telles situations exceptionnelles, ou de situations comparables, l’imposition unilatérale du télétravail ne devrait en principe pas être admissible, à moins que l’employeur ne se soit réservé ce droit dans le contrat.
Il est donc essentiel de distinguer le télétravail volontaire, exercé en tout ou en partie à la demande du collaborateur, du télétravail imposé. Cette distinction est particulièrement déterminante pour la prise en charge des coûts liés au télétravail.
Qui fournit les instruments de travail et le matériel?
Selon l’art. 327 CO, l’employeur met à la disposition du collaborateur les instruments de travail et le matériel dont il a besoin pour exécuter son travail. Si le collaborateur fournit lui-même, avec l’accord de l’employeur, les instruments ou le matériel nécessaires à l’exécution du travail, il doit recevoir une indemnité convenable, sauf accord ou usage contraire. L’obligation d’indemnisation de l’employeur ne porte que sur les coûts effectivement engagés pour les instruments de travail et le matériel directement liés à la prestation de travail. Si des appareils privés sont utilisés, une indemnité proportionnelle doit être versée.
Pour le personnel de bureau, les instruments de travail et le matériel comprennent notamment l’ordinateur, l’ordinateur portable, le clavier, l’imprimante, les cartouches d’encre et les fournitures de bureau telles que le papier, les blocs-notes et les classeurs, ainsi que le bureau, la chaise de bureau et les accessoires ergonomiques. Il incombe donc à l’employeur de fournir ces instruments et ce matériel ou, si le collaborateur les fournit lui-même, de lui verser une indemnité convenable. Une convention contraire peut toutefois être conclue contractuellement.
Cette règle s’applique en principe également au home office. Pour satisfaire à cette obligation dans le cadre du télétravail volontaire, il doit toutefois suffire que l’employeur mette à disposition, au lieu de travail convenu contractuellement, un poste de travail entièrement équipé auquel le collaborateur peut accéder pendant ses heures de travail. L’employeur n’est donc pas tenu d’équiper le poste de télétravail du collaborateur qui travaille volontairement, en tout ou en partie, à domicile, ni de lui verser une indemnité à ce titre. Il est néanmoins recommandé de le préciser expressément, par exemple dans une convention de télétravail, dont la conclusion est conseillée (voir également ci-dessous). Il en va autrement lorsque le télétravail est imposé. Si l’employeur exige que le collaborateur travaille à domicile, il doit également fournir les instruments de travail et le matériel nécessaires au télétravail, ou verser au collaborateur une indemnité convenable pour l’utilisation de ses propres instruments et de son matériel, sauf convention contractuelle contraire.
Home office: Qui prend en charge les frais?
L’employeur doit rembourser au collaborateur tous les frais imposés par l’exécution du travail. Un accord écrit, un contrat-type de travail ou une convention collective de travail peut prévoir le remboursement des frais sous la forme d’une indemnité fixe, notamment une indemnité journalière ou un forfait hebdomadaire ou mensuel. Cette indemnité doit toutefois couvrir tous les frais nécessaires. Les accords selon lesquels le collaborateur doit supporter lui-même tout ou partie des frais nécessaires sont nuls (art. 327a CO).
Les frais, notamment dans le cadre du télétravail exercé en tout ou en partie, peuvent aussi comprendre les coûts d’électricité, de connexion à Internet, de chauffage, de loyer et d’eau (voir ci-dessous).
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Existe-t-il des exceptions à l’obligation de rembourser les frais?
Comme indiqué précédemment, le collaborateur dispose d’un droit impératif au remboursement, par l’employeur, de tous les frais nécessairement engagés pour l’exécution du travail. Cela suppose que ces frais soient effectivement nécessaires à l’activité professionnelle. Dans ce contexte, et en cas de télétravail exercé en tout ou en partie, il est déterminant de savoir dans l’intérêt de qui le travail à domicile est effectué.
Si le home office est pratiqué dans l’intérêt de l’employeur, celui-ci est en principe tenu de rembourser les frais. Le travail à domicile est généralement dans l’intérêt de l’employeur lorsque celui-ci ne met pas de poste de travail à disposition au lieu convenu contractuellement, ou lorsque le poste mis à disposition n’est pas adapté.
En revanche, l’obligation de rembourser les frais disparaît si le travail à domicile est effectué à la demande du collaborateur et que l’employeur continue à mettre à disposition un poste de travail entièrement équipé.
Ces règles s’appliquent même si le contrat prévoit également une activité en télétravail. Il est donc essentiel de préciser dans le contrat dans l’intérêt de qui le télétravail, exercé en tout ou en partie, est effectué. Cela vaut en particulier lorsque le collaborateur souhaite travailler à domicile, en tout ou en partie, alors que l’employeur met un poste de travail à sa disposition.
Quels frais sont nécessaires?
La question se pose de savoir quels frais l’employeur doit rembourser lorsque le télétravail est effectué dans son intérêt. Il est évident que tous les frais liés au domicile du collaborateur ne peuvent pas relever de cette disposition. Si le collaborateur n’a, par exemple, aucun appel téléphonique à passer, les frais de téléphone ne sont pas nécessaires. En revanche, le passage à une connexion Internet plus rapide pour garantir, par exemple, des appels vidéo professionnels sans interruption doit être considéré comme une dépense nécessaire. Selon un arrêt du Tribunal fédéral de 2019, l’employeur est toutefois tenu de participer proportionnellement, en fonction de l’utilisation, tant aux coûts des locaux, à savoir le loyer, l’électricité et le chauffage, qu’aux autres frais, par exemple ceux liés à Internet.
Le caractère nécessaire d’une dépense doit donc être examiné au cas par cas et ne peut pas faire l’objet d’une réponse générale. En règle générale, les différents frais nécessaires sont cependant difficiles à déterminer et à détailler. Il est donc recommandé de convenir d’un forfait pour les frais occasionnés par le home office. Cette solution est admissible si l’accord est conclu par écrit et si le forfait couvre tous les frais nécessaires.
Checklist pratique
- Préciser si le télétravail est obligatoire ou facultatif et dans l'intérêt de quelle partie.
- Définir qui fournit le matériel informatique et le mobilier ergonomique.
- Fixer un forfait mensuel ou hebdomadaire pour couvrir les frais (Internet, électricité, chauffage).
- Indiquer la durée de validité de la convention et les conditions de retour au bureau.
- Régler la protection des données et la confidentialité des informations professionnelles.
- Spécifier les horaires de travail et les règles de disponibilité pendant les heures de télétravail.
- Mentionner l'applicabilité du droit suisse et le lieu de travail principal.
- Prévoir les modalités de remboursement des frais non couverts par le forfait, le cas échéant.
- Obtenir la signature des deux parties pour valider l'accord écrit.
- Vérifier que le forfait proposé couvre réellement tous les frais nécessaires estimés.
Preuve et prescription des frais non remboursés
Lorsque les frais nécessaires qui doivent être remboursés ne l’ont pas été, le collaborateur peut encore les réclamer pendant cinq ans (art. 128, ch. 3 CO). Il est donc tout à fait possible qu’un collaborateur ne réclame le remboursement de ses frais que plusieurs années plus tard, ce qui entraînera régulièrement des difficultés de preuve. Le collaborateur doit démontrer tant la nécessité des frais que leur montant. Les frais doivent être justifiés de manière détaillée, mais le Tribunal fédéral n’impose pas d’exigences trop strictes en matière de justificatifs. Une estimation est également possible lorsque le calcul précis ne pourrait être effectué qu’au prix d’efforts déraisonnablement importants.
En outre, une attente prolongée avant de faire valoir la demande pourrait être contraire à la bonne foi et conduire au rejet de celle-ci. Le point de départ du délai de prescription fait l’objet d’une controverse doctrinale qui ne sera pas approfondie ici. Dans tous les cas, le délai de prescription commence à courir au plus tôt lorsque le salaire devient exigible. Concrètement, cela signifie qu’il commence généralement à la fin du mois au cours duquel les frais ont été engagés.
Convention de télétravail
Pour éviter d’éventuels litiges, notamment sur le remboursement des frais liés au home office exercé en tout ou en partie, il est recommandé de conclure une convention de télétravail.
Un élément central de cette convention est la réglementation de la prise en charge des coûts et de la fourniture des instruments de travail et du matériel, à savoir l’indemnisation des instruments de travail et du matériel ainsi que le remboursement des frais. À cet effet, lorsque les frais doivent être remboursés par l’employeur, la pratique consiste souvent à prévoir un forfait périodique, par exemple mensuel (voir également ci-dessus). Cette solution facilite notamment le décompte et la demande de remboursement. La convention de télétravail devrait également aborder les points suivants: l’étendue du télétravail, en particulier lorsqu’il est exercé dans un autre canton ou pays; la durée de la convention et la possibilité pour l’employeur de demander aux collaborateurs de revenir au bureau; le temps de travail et les dispositions de protection relatives à celui-ci; les dispositions relatives à la protection de la santé, à la confidentialité et à la protection des données; ainsi que l’applicabilité du droit suisse.
Conclusion sur l’indemnisation du télétravail
Les instruments de travail et le matériel doivent en principe être fournis par l’employeur. Si le collaborateur les met à disposition avec l’accord de l’employeur, celui-ci doit verser une indemnité proportionnelle. Les parties peuvent toutefois convenir sans difficulté de dispositions contraires à cet égard.
En ce qui concerne les frais, l’employeur doit rembourser au collaborateur tous les frais nécessaires imposés par l’exécution du travail. Dans le cadre du télétravail exercé en tout ou en partie, le remboursement des frais est toujours dû lorsque le télétravail est effectué dans l’intérêt de l’employeur. En principe, le télétravail volontaire pratiqué dans l’intérêt du collaborateur n’entraîne donc aucune obligation de rembourser les frais, et ne donne par conséquent aucun droit à une indemnisation du télétravail.
FAQ: Home Office
L'employeur est-il obligé de rembourser l'abonnement Internet du collaborateur ?
Oui, mais seulement si le télétravail est dans l'intérêt de l'employeur ou imposé. Le remboursement doit être proportionnel à l'utilisation professionnelle. Un forfait global peut être convenu pour simplifier le décompte.
Que se passe-t-il si le collaborateur utilise son propre ordinateur personnel ?
Si l'employeur y consent, il doit verser une indemnité convenable couvrant les coûts engagés pour cet appareil. Cette règle ne s'applique pas si le télétravail est purement volontaire et qu'un poste complet est disponible au bureau.
Puis-je refuser de payer les frais de chauffage si je travaille chez moi ?
Vous pouvez refuser si le télétravail est à l'initiative exclusive du collaborateur et que l'employeur met un poste de travail adapté à sa disposition dans les locaux. Dans ce cas, les frais domestiques restent à la charge du salarié.
Combien de temps ai-je pour réclamer des frais non remboursés ?
Le délai de prescription est de cinq ans. Il commence généralement à courir à la fin du mois où les frais ont été engagés. Il est conseillé de conserver les justificatifs détaillés.
Un forfait fixe suffit-il à couvrir tous les risques légaux ?
Oui, à condition que le forfait soit raisonnable et couvre l'ensemble des frais nécessaires. Une convention écrite précisant ce forfait protège les deux parties contre les litiges ultérieurs sur le montant exact des dépenses.