Démission: Se poser les bonnes questions
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EN BREF
La démission d'un collaborateur, régie par la liberté de résiliation, exige une gestion rigoureuse pour éviter les blocages juridiques et opérationnels. Au-delà du respect des délais de préavis, il est crucial d'anticiper les risques en analysant les signaux faibles et les causes profondes du départ. Une approche structurée permet à l'employeur de transformer une perte potentielle en opportunité d'amélioration du climat social et des processus internes.
À retenir:
- Tout licenciement durant un délai de blocage est nul et les rapports de travail se poursuivent.
- Les signes avant-coureurs incluent une prise de congés fréquente et un respect strict des horaires.
- Il est déconseillé de retenir un salarié démissionnaire par des promesses d'augmentation pour éviter le chantage.
- L'analyse objective des besoins de remplacement détermine la nécessité d'une dispense de préavis.

Aides de travail appropriées
Comment gérer efficacement la démission d'un collaborateur en Suisse ?
Gérer la démission d’un salarié
Anticiper une démission = se poser les bonnes questions
- Quel est le potentiel d’évolution du salarié?
- Depuis quand n’a-t-il pas évolué y compris dans ses fonctions?
- Quelles étaient ses attentes lors des deux derniers entretiens d’évaluation?
- Y avons-nous répondu?
- Quel est le positionnement salarial du salarié par rapport au marché?
- Dispose-t-il d’attaches fortes dans le bassin d’emploi?
- Est-il mobile?
- Quelle est la situation du marché de l’emploi dans son domaine de compétences?
Identifier un salarié en recherche d’emploi = les signes avant-coureurs
Il s'agit de détecter les signes avant-coureurs de la démission d’un salarié, à savoir:
- La prise plus fréquente de congés.
- Un respect plus strict des horaires de sortie.
- Une prise de distance inhabituelle par rapport aux projets ou actions en cours.
Identifier les causes de la démission = un entretien avec le salarié démissionnaire
Il est essentiel d’avoir un entretien avec tout salarié démissionnaire et de chercher à comprendre, au travers de celui-ci, quelle est la part de responsabilité de l’entreprise dans cette démission, ce qui revient à répondre à ces trois questions:
- l’entreprise a-t-elle su (ou pu) lui offrir des possibilités d’évolution?
- l’entreprise a-t-elle su reconnaître et motiver le salarié?
- l’encadrement du salarié a-t-il joué pleinement son rôle dans l’accompagnement et la motivation?
Doit-on retenir le salarié démissionnaire?
La tentation d’un certain nombre d’employeurs face à la démission d’un salarié de valeur est de tout faire pour le retenir en proposant une augmentation de salaire, un avantage supplémentaire, en faisant des promesses de promotion à plus ou moins court terme.
L’avis de nombreux DRH, ayant eu à faire face à de telles situations, est qu’il ne faut pas essayer de retenir un salarié démissionnaire. Le danger dans cette situation est soit de voir le salarié exercer une forme de chantage à la démission dès qu’il souhaitera obtenir de nouveaux avantages soit, plus grave, que l’entreprise soit dans l’incapacité de tenir ses promesses ce qui peut avoir un effet désastreux sur le climat dans celle-ci.
Comment réagir à une demande de dispense de préavis?
Il est fréquent, en cas de démission, que le salarié demande à être dispensé d’exécuter tout ou partie de son préavis. Une réaction fréquente des employeurs face à cette demande est de refuser.
Il convient pourtant d’examiner avec soin cette demande et de prendre une décision de manière objective et non sur un coup de tête:
- le départ du salarié, avant le terme de son préavis perturbe-t-il réellement la marche de l’entreprise?
- Lorsqu’il était malade ou en congés, le remplaçait-on systématiquement?
- existe-il dans l’entreprise un salarié à même d’assurer les tâches essentielles lui incombant et capable de former un successeur?
- trouvera-t-on rapidement un successeur ou bien cette recherche prendra-t-elle plus de temps que la durée du préavis?
- le salarié sera-t-il réellement capable de s’investir jusqu’au dernier jour?
Seules les réponses à ces questions pourront déterminer la nécessité ou non de faire exécuter l’intégralité du préavis.
Checklist pratique
- Évaluer le potentiel d'évolution et les attentes non satisfaites du salarié.
- Comparer le positionnement salarial du collaborateur avec le marché actuel.
- Identifier les signes avant-coureurs tels que la prise de distance ou le respect strict des horaires.
- Organiser un entretien de départ pour analyser la part de responsabilité de l'entreprise.
- Éviter systématiquement les contre-offres salariales qui peuvent créer un climat de chantage.
- Analyser objectivement la perturbation réelle du départ avant le terme du préavis.
- Vérifier la disponibilité d'un remplaçant capable de former un successeur.
- Évaluer la capacité du salarié à s'investir jusqu'à son dernier jour de travail.
FAQ: Démission
Que se passe-t-il si un collaborateur démissionne durant un délai de blocage ?
La démission est nulle et les rapports de travail se poursuivent comme auparavant, car le principe de la liberté de résiliation est suspendu durant cette période.
Faut-il tenter de retenir un salarié de valeur qui a remis sa démission ?
Non, il est généralement déconseillé de le faire. Cela peut entraîner un chantage futur ou, si l'entreprise ne tient pas ses promesses, dégrader le climat social.
Comment décider d'accorder ou non une dispense de préavis ?
La décision doit être objective : évaluer si le départ perturbe réellement l'entreprise, si un remplaçant est disponible et si le salarié restera motivé jusqu'au bout.
Quels sont les signes qui indiquent qu'un collaborateur pourrait bientôt démissionner ?
Les signes incluent une prise plus fréquente de congés, un respect plus strict des horaires de sortie et une prise de distance inhabituelle vis-à-vis des projets en cours.