Dossier de candidature: Etre capable de fermer les yeux

EN BREF

Dans un marché du travail marqué par la pénurie de main-d'œuvre, la rigidité des critères formels d'exclusion est remise en question. Bien que 56 % des PME suisses rejettent encore les dossiers incomplets et 36 % ceux contenant des fautes d'orthographe, il devient stratégique d'adapter la sélection aux réalités du recrutement. L'objectif n'est pas d'ignorer les défauts, mais de privilégier l'analyse du contenu pour identifier des talents potentiels cachés derrière une présentation imparfaite.

À retenir:

  • Un dossier incomplet entraîne un refus immédiat dans 56 % des PME suisses.
  • Les certificats de travail trop critiques sont rejetés par près de 63 % des recruteurs.
  • La valeur d'un CV dépend de son interprétation contextuelle plutôt que de sa seule forme.
  • En période de pénurie, l'analyse du contenu doit primer sur les critères formels d'exclusion.
18/09/2025 De: Sylvia Stutz
Dossier de candidature

Comment les PME suisses doivent-elles adapter leurs critères de sélection face à la pénurie de talents ?

De nombreuses entreprises évaluent les dossiers de candidature sur la base de critères formels. Un dossier incomplet ou une faute d’orthographe débouche généralement sur un refus immédiat. Mais, cette attitude stricte est-elle encore applicable dans une ère de carence en ressources humaines?

Le dossier de candidature

Les défauts de forme sont généralement un critère d’exclusion dans un dossier de candidature. C’est ce qu’illustre une enquête récente réalisée par Careerplus auprès des PME suisses. Un dossier incomplet débouche, dans 56% des entreprises interrogées, sur un refus, un curriculum vitae sans vision globale sera écarté par 43% d’entre elles et les dossiers comportant des fautes d’orthographe ne franchissent pas le cap de l’analyse complémentaire dans 36% des cas. Il en va de même pour les certificats de travail: si ceux-ci sont formulés de manière trop critique, près de 63% des personnes interrogées refuseront le candidat. ((…))

1. Le CV

Un curriculum vitae conçu sous une forme globale facilite le travail du responsable du personnel. Mais, du fait de la présentation formelle du CV, est-il possible de conclure réellement aux compétences d’un candidat? ((…))

Un CV bien structuré et professionnel donne la sensation que le candidat bénéficie des compétences indiquées. Toutefois, on ne sait jamais si le candidat a rédigé lui-même son CV ou s’l a bénéficié d’une aide extérieure. Par ailleurs, les carences dans le curriculum vitae font l’objet de discussions quant à leur importance. Alors que certains responsables du personnel considèrent que 2 mois sans activité lucrative constituent déjà un tabou, pour d’autres, un tour du monde de 6 mois est quelque chose de neutre ou de positif. Ainsi, si les motifs d’interruption de l’activité lucrative peuvent varier, il est possible de les interpréter totalement différemment. ((…))

2. La lettre de motivation

Les critères formels jouent un rôle relativement subordonné lors de l’appréciation de la lettre de motivation. Si une faute d’orthographe fera sans doute tiquer le responsable du personnel, c’est surtout le contenu qui doit d’abord frapper son intérêt. ((…))

3. Le certificat de travail

Un certificat de travail critique débouche, dans de nombreux cas, sur un refus. Mais quand un certificat de travail est-il (trop) critique ? Et quelle est la fiabilité des appréciations qui y sont portées ? En tout cas, les certificats de travail sont fortement dépendants de l’avis personnel de celui qui les a rédigés et ils ne transmettent donc que des informations incertaines sur la performance réelle fournie. En outre, de nombreux certificats manquent de clarté et de repères étant donné que les faiblesses des collaborateurs continuent à être cryptées sous la forme de codes. ((…))

Ne pas surévaluer l’aspect formel

Pour revenir aux éléments initiaux : vaut-il mieux, pour une première sélection, exclure les critères formels d’exclusion ? Oui et non – il n’existe aucune réponse tranchée. En fonction de la situation, ceux-ci sont globalement utiles et peuvent être déterminants. Mais, ce qui est décisif dans la réponse à cette question, c’est de prendre aussi en compte la situation actuelle sur le marché du travail. Lorsque de nombreux collaborateurs qualifiés sont disponibles, une première sélection à l’aide de critères formels permet un choix négatif efficace. Par contre, lorsque peu de candidats qualifiés peuvent être recrutés, il faut y regarder à deux fois et, en cas de défauts formels, soumettre le dossier à un contrôle en termes de contenus. Il sera alors possible de déceler la véritable perle qui se cache peut-être derrière une apparence qui n’a pas l’air si attirante.

Checklist pratique

  • Évaluer la situation actuelle du marché du travail avant de définir les critères de rejet.
  • Distinguer les fautes de forme mineures des incohérences majeures dans le CV.
  • Analyser le contexte des interruptions de carrière plutôt que de les rejeter systématiquement.
  • Vérifier si les faiblesses dans le certificat de travail sont codifiées ou explicites.
  • Privilégier la lettre de motivation pour évaluer la motivation réelle du candidat.
  • Considérer l'aide extérieure pour la rédaction du CV comme un atout organisationnel potentiel.
  • Adapter le processus de sélection en fonction du volume et de la qualité des candidats reçus.
  • Former les responsables du personnel à l'interprétation nuancée des codes dans les certificats.

FAQ: Dossier de candidature

À quel point les fautes d'orthographe sont-elles rédhibitoires en Suisse ?

Selon une enquête de Careerplus, 36 % des entreprises rejettent directement les dossiers comportant des fautes d'orthographe, mais cette tolérance varie selon la pénurie de candidats.

Comment interpréter un certificat de travail critique ?

Les certificats de travail dépendent de l'avis personnel du rédacteur et utilisent souvent des codes ; ils ne reflètent pas toujours la performance réelle et doivent être analysés avec prudence.

Faut-il accepter un CV avec des lacunes formelles ?

Oui, si la situation du marché l'exige. Une présentation imparfaite ne doit pas masquer des compétences réelles, surtout en période de pénurie de ressources humaines.

Quelle est la place de la lettre de motivation dans la sélection ?

Elle est primordiale. Bien que les fautes de forme soient notées, c'est le contenu de la lettre qui doit capter l'intérêt du responsable du personnel et justifier le recrutement.

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