Poursuites en Suisse: Cas particuliers dans la procédure de poursuite

À première vue, les poursuites en Suisse semblent standardisées. Dans la pratique, cependant, ce sont les détails qui déterminent le succès ou l'échec d'une procédure. Cet article examine des cas particuliers typiques et indique les informations supplémentaires qui doivent impérativement figurer dans la réquisition de poursuite afin que les créances restent exécutoires.

09/03/2026 De: Équipe de rédaction de WEKA
Poursuites en Suisse

Introduction aux poursuites en Suisse

Les poursuites en Suisse sont clairement structurées par la loi. Les compétences, les délais et les procédures sont réglementés de manière précise dans la loi fédérale sur la poursuite pour dettes et la faillite (LP). Dans la pratique, cependant, les créances surviennent dans des situations personnelles et professionnelles très diverses. Dans ces cas, il existe des cas particuliers qui s'écartent de la procédure habituelle et nécessitent des clarifications supplémentaires. L'article suivant classe les principales situations particulières et indique les informations supplémentaires qui doivent impérativement figurer dans la réquisition de poursuite.

Pensions alimentaires et créances alimentaires

Les créances alimentaires diffèrent fondamentalement des créances pécuniaires ordinaires. Il s'agit rarement d'une prestation unique, mais de contributions récurrentes qui assurent souvent la subsistance d'enfants ou de conjoints divorcés. Les exigences formelles sont donc strictes.

La réquisition de poursuite va donc au-delà des informations habituelles. Outre les données personnelles complètes des parties, il convient également d'indiquer le nom, le prénom et la date de naissance des personnes ayant droit à une pension alimentaire. En outre, le montant mensuel de la pension alimentaire doit être indiqué. Une liste des mensualités impayées doit obligatoirement être jointe. Il convient également de mentionner les contributions qui ont déjà été avancées et celles qui restent dues.

Enfin, le motif juridique doit être mentionné. Dans la pratique, il s'agit généralement d'un jugement de divorce, d'un accord de séparation ou d'une décision judiciaire relative à la pension alimentaire. Ces informations sont déterminantes, car elles constituent ultérieurement la base de la mainlevée.

Créanciers à l'étranger

La mondialisation a depuis longtemps atteint le droit des poursuites. Les relations de travail transfrontalières, les chaînes d'approvisionnement internationales ou les propriétaires résidant à l'étranger donnent lieu à des poursuites ayant un lien avec l'étranger.

Dans de tels cas, la loi exige un domicile de notification en Suisse. Les offices des poursuites doivent pouvoir notifier les actes de manière fiable. Sans adresse de notification, la procédure ne peut être menée à bien.

La personne poursuivante à l'étranger doit donc désigner un représentant en Suisse. Cette personne réceptionne tous les actes de poursuite et toutes les communications. Dans la pratique, ce sont souvent des avocats, des fiduciaires ou des agences de recouvrement qui assument cette fonction.

En l'absence de domicile de notification, la procédure reste bloquée. La créance continue d'exister, mais ne peut être recouvrée.

Plusieurs débiteurs

Dans la pratique commerciale quotidienne, plusieurs personnes sont souvent responsables de la même créance. Les obligations solidaires sont courantes, par exemple dans le cas de contrats signés conjointement ou de plusieurs associés.

Le droit des poursuites applique toutefois un principe strict d'individualité. Une seule personne peut être désignée comme débiteur par demande de poursuite. Une procédure distincte doit être engagée pour chaque débiteur.

En cas de responsabilité solidaire, les différentes poursuites doivent se référer les unes aux autres. Sur le fond, il s'agit de la même créance. Sur le plan procédural, il s'agit toutefois de cas distincts avec des notifications, des délais et des recours éventuels propres.

Codébiteurs, successions et conjoints

La situation devient particulièrement complexe lorsque plusieurs personnes sont responsables ou lorsque la situation patrimoniale résulte du droit de la famille ou du droit successoral.

Codébiteurs

Si plusieurs codébiteurs sont poursuivis, une demande de poursuite distincte doit être déposée contre chaque personne. Cette séparation est obligatoire, même si toutes les personnes sont responsables de la même créance.

Poursuite contre une succession

Si le débiteur est décédé, la poursuite est dirigée contre la succession. Dans ce cas, la représentation de la succession doit être indiquée dans la réquisition de poursuite. Si celle-ci n'est pas connue, les différents héritiers doivent être mentionnés.

En l'absence de ces informations, l'office des poursuites ne sait pas à qui les documents doivent être envoyés.

Poursuite contre des personnes mariées

Dans le cas de débiteurs mariés, le régime matrimonial joue un rôle central. En cas de communauté de biens, le nom et l'adresse du conjoint doivent également être indiqués dans la réquisition de poursuite. Dans ce cas, les actes de poursuite sont également notifiés au conjoint. Celui-ci peut également former opposition.

Dans le cas de régimes matrimoniaux plus anciens, tels que la communauté réduite aux biens ou la communauté externe, il convient en outre d'indiquer si la créance doit être couverte par les biens propres ou par la communauté. Cette distinction détermine les biens sur lesquels il est possible de saisir.

Créances garanties par un gage et séquestre

Si une créance est garantie par un gage, la simple indication du montant de la créance ne suffit pas. Le gage doit être décrit avec précision dans la réquisition de poursuite.

Les informations suivantes sont requises :

  • Description de l'objet gagé
  • Lieu où se trouve le gage
  • Noms et adresses des éventuels tiers propriétaires

S'il s'agit d'un immeuble, des informations supplémentaires sont nécessaires. Il s'agit notamment des rapports de propriété et de la question de savoir s'il s'agit d'un logement familial. S'il existe des contrats de location ou de bail, le créancier gagiste poursuivant doit déclarer expressément si le droit de gage doit également s'étendre à ces créances.

Si une saisie a déjà été effectuée, le numéro et la date de délivrance de l'acte de saisie doivent être indiqués dans la réquisition de poursuite. Sans ces informations, l'office des poursuites ne peut établir le lien entre la saisie et la poursuite.

Poursuite pour effet de change : procédure accélérée soumise à des règles de forme strictes

Une procédure spéciale de poursuite pour effet de change s'applique aux créances résultant de lettres de change ou de chèques.

La demande de poursuite doit mentionner expressément qu'une poursuite pour effet de change est demandée. La lettre de change ou le chèque doit être joint. À défaut, la procédure est traitée comme une poursuite ordinaire.

Liste des biens saisis dans les locaux commerciaux : les bailleurs doivent agir

Les bailleurs de locaux commerciaux disposent d'un droit de rétention légal sur les biens mobiliers apportés par le locataire. Toutefois, ce droit ne prend effet que si un inventaire de rétention est établi en temps utile.

Si un tel inventaire n'a pas encore été établi, la demande d'enregistrement doit être soumise en même temps que la demande de poursuite. Si cette étape n'est pas respectée, le droit de rétention est perdu.

Conclusion sur les poursuites en Suisse

Les poursuites en Suisse suivent en principe une procédure légale clairement réglementée. Dans la pratique, cependant, les cas particuliers tels que les créances alimentaires, les situations internationales, les successions ou les créances garanties par un gage exigent une attention accrue et une approche précise.

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