Pénurie de main-d'œuvre qualifiée: Moins de pression, de nouveaux métiers, un marché du travail en pleine mutation

La pénurie de main-d'œuvre qualifiée en Suisse recule, mais reste très perceptible dans certaines professions. Les secteurs des soins, de la construction et des fonctions techniques continuent notamment de faire face à des pénuries, tandis que dans le domaine administratif, les candidats sont plus nombreux que les postes à pourvoir. Le marché du travail évolue et exige de nouvelles compétences.

09/03/2026 De: Équipe de rédaction de WEKA
Pénurie de main-d'œuvre qualifiée

Pénurie de main-d'œuvre qualifiée en Suisse: introduction

L'indice de pénurie de main-d'œuvre qualifiée baisse de 22 % et se rapproche à nouveau du niveau d'avant la pandémie. À première vue, cela semble être une bonne nouvelle. Le marché du travail semble se calmer, les années mouvementées qui ont suivi la crise du coronavirus touchent à leur fin. Mais cette impression est trompeuse. Sous une surface plus lisse, la structure du travail commence à se réorganiser. 

Cette accalmie s'explique principalement par des raisons conjoncturelles. Il y a moins d'emplois vacants et davantage de demandeurs d'emploi. Les entreprises investissent avec plus de prudence, le taux de chômage augmente légèrement, le dynamisme du marché de l'emploi s'essouffle. La pénurie de main-d'œuvre qualifiée ne diminue pas parce qu'il y aurait soudainement suffisamment de travailleurs qualifiés disponibles. Elle diminue parce que la demande de personnel ralentit à court terme. 

La pénurie se concentre dans les professions irremplaçables

Il est frappant de constater où la pénurie de main-d'œuvre qualifiée persiste. En tête de liste figurent les professions de la santé, les fonctions de direction dans le secteur de la construction et les spécialistes techniques. Ces activités exigent une présence, de l'expérience et des responsabilités. Elles sont difficilement automatisables et étroitement liées à l'économie intérieure. 

Il est possible d'évaluer automatiquement un bilan, de générer un rapport ou de répondre à une demande client via un chatbot. La pénurie de main-d'œuvre qualifiée se concentre donc sur les activités qui échappent le plus longtemps au remplacement technique.

L'érosion silencieuse des emplois de bureau

Parallèlement, on observe une offre excédentaire de main-d'œuvre dans les professions de bureau, administratives, financières et informatiques. Le nombre de demandeurs d'emploi augmente, tandis que le nombre de postes vacants diminue. Ces activités sont considérées comme particulièrement touchées par l'IA. La routine, l'évaluation, la documentation et la communication standard peuvent être structurées et donc automatisées. Ce changement se traduit par des processus de candidature plus longs, des accords salariaux plus prudents et des carrières moins linéaires.

Quand de nouveaux métiers apparaissent parce que d'anciens disparaissent

La réorganisation du monde du travail se reflète également dans la formation professionnelle. Le Secrétariat d'État à la formation, à la recherche et à l'innovation a approuvé un total de 43 professions nouvelles ou révisées pour 2025. Parmi celles-ci figure pour la première fois le diplôme d'AI Business Specialist avec brevet fédéral.

Cette profession est emblématique de cette mutation. Elle consiste à identifier le potentiel de l'IA, à accompagner des projets et à piloter l'utilisation de cette technologie tout au long de son cycle de vie. La formation professionnelle réagit ainsi directement à l'évolution des exigences de l'économie et à l'importance croissante de l'intelligence artificielle dans les entreprises.

En Suisse, il ne s'agit pas d'une mesure isolée, mais d'un élément d'un système global. Toutes les formations professionnelles initiales sont réexaminées au moins tous les cinq ans et adaptées si nécessaire. Les nouvelles technologies, les exigences écologiques et les évolutions économiques sont constamment prises en compte dans les profils professionnels.

La démographie, un moteur discret mais imparable

Si la conjoncture atténue à court terme la pénurie de main-d'œuvre qualifiée, un facteur plus important agit en arrière-plan : l'évolution démographique.

Aujourd'hui déjà, on compte environ 33 personnes de plus de 65 ans pour 100 personnes en âge de travailler. D'ici 2035, ce rapport va considérablement augmenter. Cela signifie davantage de soins, davantage d'accompagnement, davantage de prestations médicales et davantage d'infrastructures pour une société vieillissante

Ce que cela signifie pour les entreprises

Le recrutement dans les secteurs de la santé, de la construction ou dans des postes techniques clés reste difficile et marqué par des pénuries. Dans le secteur administratif, en revanche, la situation s'améliore sensiblement, car l'offre de main-d'œuvre qualifiée y est en augmentation. Le véritable défi ne réside donc plus uniquement dans le recrutement, mais dans l'adaptation des activités au marché :

  • les tâches sont redéfinies.
  • Les compétences évoluent.
  • Les profils de poste changent constamment.

Le marché du travail exige une vision claire des tâches qui seront effectuées à l'avenir par l'homme et celles qui le seront par des machines.

Conclusion

La pénurie de main-d'œuvre qualifiée diminue, le marché du travail semble plus calme. Dans le même temps, de nouveaux profils professionnels apparaissent, tandis que d'autres perdent de leur importance. 

FAQ sur la pénurie de main-d'œuvre qualifiée et le marché du travail en Suisse

Quel est le rôle du changement démographique dans la pénurie de main-d'œuvre qualifiée en Suisse?

Le changement démographique est un facteur central de la pénurie de main-d'œuvre qualifiée. Au cours des prochaines années, de nombreux actifs issus des générations du baby-boom partiront à la retraite, tandis que moins de jeunes travailleurs prendront la relève.

À long terme, la pénurie de main-d'œuvre qualifiée en Suisse pourrait ainsi se transformer en une pénurie générale de main-d'œuvre.

Quelles compétences seront particulièrement recherchées à l'avenir sur le marché du travail suisse?

Outre les qualifications professionnelles, les compétences transversales gagnent en importance. Il s'agit notamment des compétences numériques, de la maîtrise des données, de la capacité à résoudre des problèmes et de la volonté de se former en continu. De nombreuses professions évoluent, c'est pourquoi l'apprentissage tout au long de la vie devient de plus en plus important pour les entreprises et les employés.

Quelle est l'importance des personnes en reconversion professionnelle pour le marché du travail suisse?

Les personnes en reconversion professionnelle suscitent un intérêt croissant de la part des entreprises. Dans les domaines où la demande est forte, les entreprises ouvrent davantage leurs profils de poste aux candidats possédant des compétences transférables. Cela permet d'exploiter de nouveaux viviers de talents et d'atténuer en partie les pénuries de personnel liées à la pénurie de main-d'œuvre qualifiée en Suisse.

Quel rôle joue la formation continue dans la gestion de la pénurie de main-d'œuvre qualifiée?

La formation continue et la reconversion professionnelle sont des outils importants pour combler les lacunes en matière de compétences. De nombreuses entreprises investissent donc davantage dans le développement de leurs collaborateurs actuels afin de les qualifier pour de nouvelles tâches ou des exigences différentes.

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